Pour connaître le verdict du procès de l’année, il va encore falloir patienter. Réunis mardi au tribunal de Fairfax, en Virginie, les sept jurés chargés de déclarer si, oui ou non Amber Heard a diffamé Johnny Depp en se présentant comme une victime de violences conjugales, dans une tribune parue en décembre 2018 dans le Washington Post, ne sont pas parvenus à une décision unanime.
Composé de cinq hommes et deux femmes, ce jury populaire avait commencé à délibérer vendredi dernier, au terme de six semaines de débats qui ont captivé l’Amérique et au-delà, les auditions des ex-époux et de leurs nombreux témoins étant diffusés en direct à la télévision et sur Internet. Mardi, ils ont demandé à la juge Penney Azcarate de les éclairer sur un point précis du dossier : doivent-ils se prononcer sur le caractère diffamatoire du titre de la tribune en question… ou bien sur l’ensemble du texte ?
La magistrate qui supervise ce dossier explosif leur a répondu que le titre lui-même devait leur suffire à se prononcer. Pour rappel, la tribune en question s’intitulait "I spoke up against sexual violence — and faced our culture’s wrath. That has to change". (J’ai pris la parole pour dénoncer la violence sexuelle – et affronté la colère de notre culture. Cela doit changer - ndlr).
Dans ce texte, Amber Heard expliquait avoir été confronté aux violences sexuelles dès son plus jeune âge. Elle ne citait jamais le nom de Johnny Depp, mais elle écrivait être devenue "deux ans plus tôt une représentation publique des violences conjugales", soit l’époque à laquelle elle a demandé une ordonnance d’éloignement à l’encontre de son ex-mari, avant de déposer une demande de divorce.
Ce passage spécifique de la tribune, que Johnny Depp dénonce, ne devrait pas donc pas entrer en ligne de compte dans la décision finale. Tout comme celui dans lequel elle expliquait avoir eu "le privilège rare de constater, en temps réel, comment les institutions protègent les hommes accusés d'agressions."
Le premier amendement de la Constitution ne protège pas ceux qui mentent et diffament les autres
Camille Vasquez, l'avocate de Johnny Depp
L'intervention de la juge Azcarte laisse penser que les juges sont moins à appeler à débattre de la réalité des accusations d'Amber Heard que de son droit à s’exprimer en vertu du premier amendement de la constitution américaine. "Ce procès signifie beaucoup plus que Johnny Depp contre Amber Heard, c’est à propos de la liberté d’expression. Défendez-la, protégez-la", a d'ailleurs lancé Me Benjamin Rottenborn, l’avocat principal de la comédienne, lors de sa plaidoirie.
Pour lui, un verdict défavorable à sa cliente enverrait un message négatif aux victimes de violences conjugales partout dans le monde. "Le premier amendement de la Constitution ne protège pas ceux qui mentent et diffament les autres", avait rétorqué Camille Vasquez, l’avocate de l'interprète de Jack Sparrow. Durant toute la procédure, celle-ci a cherché à dénoncer les "mensonges" d’Amber Heard dans le but de "ruiner" son ex-mari.
Camille Vasquez estime en effet que c’est suite à la parution de la tribune d'Amber Heard que la carrière de son client a décliné, avec notamment son éviction de la lucrative franchise...
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