Pour eux, l'histoire se répète. Ce vendredi 27 mai, certains internautes ont alerté sur ce qu'ils décrivent comme un "ignoble mensonge" en cours. Selon eux, les autorités sanitaires chercheraient à cacher le traitement contre la variole du singe afin de pousser à la vaccination. À l'instar de leur théorie selon laquelle l'hydroxychloroquine pouvait être utilisée en traitement contre le Covid-19, ils pensent que "jusqu'à présent, la simple prise d'un antibiotique comme la doxycycline guérissait de la variole du singe". Or, ils s'étonnent que les autorités affirment au contraire qu'il n'existe "aucun traitement". Derrière ce sentiment de déjà-vu, quelle réalité ?
Pour appuyer cette rumeur, les internautes diffusent un arrêté du 25 mai 2022 autorisant "l'utilisation de vaccins dans le cadre de la prise en charge des personnes contacts à risque d'une personne contaminée par le virus Monkeypox". Disponible sur Legifrance, le site officiel du gouvernement français pour la diffusion des textes législatifs et réglementaires, on y lit que les autorités considèrent "qu'aucun traitement prophylactique n'est à ce jour autorisé chez les personnes exposées au virus Monkeypox". Argument pour permettre l'autorisation "à titre dérogatoire", du vaccin contre la variole du singe chez "des personnes contacts à risque d'une personne atteinte de l'infection ou des professionnels de santé en milieu de soins exposés au virus".
Alors, quid de la doxycycline, citée par les internautes ? Cette molécule ne fait absolument pas partie des médicaments approuvés pour traiter la variole du singe. Elle a simplement été utilisée une seule fois chez un patient atteint de Monkeypox, comme le relataient en mai 2019 des chercheurs israéliens dans Emerging Infectious Diseases. Cependant, l'équipe précisait bien que ce médicament n'avait pas été donné pour soigner la maladie, importée depuis le Nigeria. En réalité, le premier examen effectué sur le patient laissait penser à une "rickettsiose vésiculeuse", caractérisée, elle aussi, par des symptômes grippaux et des lésions cutanées. C'est pour soigner cette maladie que le patient a "reçu de la doxycycline par voie orale", comme l'écrivent les chercheurs. Ce n'est que lors d'une visite de contrôle trois jours plus tard, alors que l'état du patient se dégradait, que la variole du singe a été suspectée.
On ne peut donc pas affirmer, comme l'a notamment fait l'influent anti-vaccin Silvano Trotta, que cet antibiotique est préconisé dans la lutte contre la variole du singe. Et aujourd'hui, il n'existe aucun traitement spécifique contre cette maladie, étant donné qu'on en guérit généralement au bout de trois semaines. Par contre, en janvier 2022, l'Agence européenne du médicament (AME) a approuvé - uniquement pour des "circonstances exceptionnelles" - la prise d'un autre médicament. Un antiviral, baptisé "Técovirimat". "Reconnu efficace pour réduire la mortalité due à la variole, la variole du singe et la variole bovine sur la base d'études réalisées sur des animaux", il n'a pas eu d’autorisation plus étendue de mise sur le marché puisqu'il n'avait pas été "possible de réaliser des études (…) chez des personnes infectées". "Il n'a pas été possible d'obtenir des informations complètes concernant Tecovirimat en raison de la rareté de ces maladies", reconnaissait ainsi l'AME, avant de préciser qu'elle "examinera toute nouvelle information disponible et, le cas échéant, procédera à la mise à jour du présent aperçu"....
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