Du 17 au 28 mai 2022 se tient le Festival de Cannes, événement mondial qui célèbre des séries courtes, d'environ deux heures, qui ne durent qu'un seul épisode. Parfois, on les appelle aussi des films. Cette description vous paraîtra peut-être absurde, pourtant, l'inverse est devenu monnaie courante pour parler de séries dans le milieu du cinéma. Pas plus tard que le 24 mai, au cours d'une rencontre organisée par le Festival de Cannes, on pouvait entendre le cinéaste Gaspar Noé prononcer la phrase suivante: «Ah Chernobyl, par exemple, c'est une réussite, un long film de quatre heures!»
Cette année à Cannes, deux «longs films» ont été sélectionnés: Esterno Notte de Marco Bellochio, et Irma Vep d'Olivier Assayas. Ce dernier, rencontré lors du Festival, parle d'ailleurs de «film» pour qualifier sa série. On peut le comprendre: en visionnant les trois premiers épisodes, on est loin de l'écriture épisodique traditionnelle à la télé, qui consiste à lancer (et souvent résoudre) un arc narratif à chaque volet. Au contraire, les épisodes d'Irma Vep s'enchaînent sans que l'on puisse vraiment discerner où l'un commence ni où l'autre finit –le cinéaste confirme qu'ils ont été «écrits en longueur», et pensés comme un long film découpé en chapitres.
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Si son écriture fluide et étirée rappelle plus celle d'un film, Irma Vep est malgré tout une réussite; un enchevêtrement vertigineux de personnages, références et observations sur l'industrie du cinéma, dont la dimension méta ravira tous les fans du cinéaste.
En effet, la série Irma Vep suit le tournage d'une série intitulée Irma Vep...
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