"Il est temps d'y aller." Quand Emmanuel Macron ira-t-il en Ukraine, à l'instar de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ou du Premier ministre britannique, Boris Johnson ? S'il s'entretient régulièrement par téléphone avec Volodymyr Zelensky, la dernière fois le 17 mai, le chef de l'État ne s'est encore pas rendu à Kiev. Il y est pourtant attendu. Le 15 avril dernier, lors d'une interview à CNN, le président ukrainien a affirmé l'avoir "invité à venir quand il en aura l'occasion." "Il viendra, et il verra, et je suis sûr qu'il comprendra (...) qu'il ne s'agit pas d'une guerre, que ce n'est rien d'autre qu'un génocide."
Un mois plus tard, l'invitation, qui n'a pas été honorée par le locataire de l'Élysée, tient toujours. "Je crois qu'Emmanuel Macron devrait y aller", a jugé le géopolitologue Pascal Boniface, fondateur et directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), invité de Marie Chantrait sur LCI, vendredi 27 mai. "On peut comprendre qu'il n'y est pas allé pendant la période de l'élection présidentielle. Mais, dans la mesure où l'on ne suit pas totalement le discours de (Volodymyr) Zelensky, il faut montrer aussi une solidarité. Est-ce qu'il doit y aller seul, est-ce qu'il doit y aller avec le chancelier allemand (Olaf Scholz, ndlr) pour montrer un front commun franco-allemand ? Il est temps d'y aller et avant les élections législatives."
Utile d'y aller pour monter la solidarité de la France
Pascal Boniface, fondateur et directeur de l'IRIS
Selon nos informations, Emmanuel Macron pourrait bientôt se rendre à Kiev, à condition de ne pas y aller les mains vides. "Je n'exclus rien et aucune initiative politique, je le ferai quand je considérerai qu'il peut y avoir un résultat utile et tangible", affirmait le président de la République, le 15 mars dernier, lors d'une rencontre avec des réfugiés ukrainiens dans le Maine-et-Loire. "Aujourd'hui les conditions ne sont pas remplies" pour permettre "de faire d'un tel déplacement quelque chose qui soit de nature à changer la donne", expliquait-il. "Je vais pour le moment continuer à œuvrer avec la méthode qui est la nôtre."
"Il y a beaucoup de photos opportunités", a reconnu Pascal Boniface. "Kiev est l'endroit où il faut être, pour des hommes politiques en difficulté intérieure comme Boris Johnson ou certains responsables américains. Pour Boris Johnson, c'est clair et net. Il est en très grande difficulté du fait du 'Party Gate'. Il veut apparaître comme la pointe du défenseur de la liberté et reprendre les habits de Churchill." "Les symboles font partie du rapport de force", a tempéré le directeur de l'un des principaux centres de recherche français dédiés aux relations internationales. "Dans la mesure où la France dit qu'elle est solidaire de l'Ukraine, mais qu'elle ne reprend pas tous ses éléments de langue, il serait utile d'y aller pour montrer sa solidarité."
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