Cinq questions pour comprendre l'affaire Damien Abad

LCI - 23/05
[VIDÉO] - Nommé ministre des Solidarités le 21 mai, Damien Abad fait face à des accusations de viols dans un article publié samedi par Mediapart. Le député de l'Ain nie ces allégations "avec la plus grande force". Le gouvernement assure de son côté ne pas avoir été mis au courant de ces accusations avant sa nomination.

Nommé ministre des Solidarités le 21 mai, Damien Abad fait face à des accusations de viols dans un article publié samedi par Mediapart.
Le député de l'Ain nie ces allégations "avec la plus grande force".
Le gouvernement assure de son côté ne pas avoir été mis au courant de ces accusations avant sa nomination.

C'est un premier dossier qui secoue déjà le gouvernement d'Elisabeth Borne, tout juste nommé vendredi. Le nouveau ministre des Solidarités, de l'Autonomie et des Personnes handicapées Damien Abad est accusé par deux femmes de viol, des accusations révélées par le site d'investigation Mediapart samedi. Transfuge de LR, le chef des députés à l'Assemblée nationale, qui venait de prendre ses fonctions samedi, a contesté dimanche "avec la plus grande force" ces incriminations.

De quels faits est-il accusé ?

Damien Abad, 42 ans, est mis en cause par deux femmes dont les témoignages ont été recueillis par le site. L'une d'elle, Margaux, ancienne militante centriste de 35 ans, a porté plainte en 2017 pour des faits qui seraient survenus début 2011. Après avoir rencontré Damien Abad en 2009, alors qu'elle était vice-présidente des Jeunes démocrates à Paris, puis avoir été "dragu(ée) par sms", elle l'aurait retrouvé un soir à Paris et ils auraient eu une relation sexuelle d'abord consentie puis contrainte, empreinte "d'irrespect, d'injonction et d'insistance". 

Margaux, victime présumée de Damien Abad, témoigne sur LCISource : Sujet JT LCI

Elle raconte s'être rendue dans un commissariat pour témoigner en 2012, puis avoir déposé plainte en 2017. Le parquet de Paris a indiqué "qu'une première plainte déposée pour des faits de viol a été classée sans suite le 6 avril 2012 du fait de la carence de la plaignante". Et qu'une deuxième plainte "pour les mêmes faits a été classée sans suite le 5 décembre 2017" faute "d'infraction suffisamment caractérisée".

L'autre femme, âgée de 41 ans, dénonce des faits qui se seraient déroulés lors d'une soirée à l'automne 2010. Damien Abad lui aurait proposé une coupe de champagne dans un bar à Paris. "Et là, black-out total, jusqu'au lendemain matin", témoigne cette femme, qui dit s'être réveillée avec lui "dans une chambre d'hôtel proche du bar", "en sous-vêtements", en "état de choc et de dégoût profond". Elle estime avoir pu être "droguée" : "Je me sentais cotonneuse, mon corps était groggy, courbaturé et douloureux, je savais qu’il s’était passé quelque chose de pas normal", raconte-t-elle à Mediapart. 

Quelle est la défense de Damien Abad ?

Ces accusations ont été contestées "avec la plus grande force" par Damien Abad. "Je conteste avoir exercé quelque forme de contrainte que ce soit sur aucune femme", a-t-il écrit dans un communiqué transmis à la presse dimanche. "Ces accusations relatent des actes ou des gestes qui me sont tout simplement impossibles en raison de mon handicap", s'est-il par ailleurs défendu, dénonçant des propos selon lui "inconcevables et abjects".

L'ancien président des députés LR est en effet handicapé, atteint d'arthrogrypose, une maladie rare qui bloque ses articulations et réduit sa mobilité. "Je suis contraint aujourd'hui de préciser que, dans ma situation, l'acte sexuel ne peut survenir qu'avec l'assistance et la bienveillance de ma partenaire. (...) Que sans le consentement et la participation pleine et entière de l'autre, rien n'est possible", a-t-il poursuivi. 

À la sortie du premier Conseil des ministres du nouveau gouvernement tenu ce lundi matin à l'Élysée, Damien Abad est resté très silencieux, refusant de répondre aux appels des journalistes. "Bien sûr", a-t-il seulement lancé à l'un d'eux lui demandant s'il rejetait fermement ces accusations. Il a prévu de s'exprimer ce lundi, à 18h, depuis sa circonscription de l'Ain. 

Le gouvernement avait-il été mis au courant de ces accusations ?

Selon Mediapart, un signalement pour des faits présumés de viols a été adressé à LREM et LR le 16 mai, puis au procureur de la République, avec un rappel le 19, avant la nomination de Damien Abad comme ministre, par l'Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique, une association créée en février par des féministes à l'origine du mouvement #MeTooPolitique. Une in...
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