Depuis quelques jours, les cas de variole du singe se multiplient en Amérique du Nord et en Europe, sans qu'on sache comment expliquer cette soudaine propagation. Aussi appelé "orthopoxvirose simienne", cette maladie rare vient originellement d'Afrique et fait des résurgences régulières dans certains pays du continent.
Le pathogène de ce virus peut être transmis de l'animal à l'homme, et inversement. Le réservoir exact du virus n'a pas été identifié. Initialement, la variole du singe a été découverte en 1958, sur des singes, dans une animalerie à Copenhague, au Danemark. Les animaux présentaient alors des lésions cutanées, similaires à celles de la variole, d'où la manière dont a été baptisé le virus. Contrairement à son nom cependant, il circule davantage chez les rongeurs, notamment chez les rats de Gambie, les loirs africains et les écureuils.
Le premier cas de transmission à l’être humain a été détecté en 1970. Il s’agissait d’un enfant en Afrique centrale. Depuis, l'épidémie a connu plusieurs résurgences, principalement centralisées en Afrique. Aujourd’hui, la variole du singe est endémique dans certaines régions d’Afrique. Deux souches virales sont identifiées : une en Afrique de l’Ouest et l’autre en Afrique centrale.
Le virus circule particulièrement en République démocratique du Congo et en République centrafricaine (RCA) où une augmentation du nombre de cas au cours de ces deux dernières décennies est observée. "Comme la plupart des cas humains en RCA sont survenus à la lisière nord des forêts tropicales occidentales et orientales, la transmission à partir d’animaux sauvages vivant dans ces forêts est l’hypothèse la plus probable", expliquait le chercheur Nicolas Berthet de l'Institut Pasteur.
La transmission du virus est ainsi facilitée par la situation politique instable du pays. Les conflits armés qui s'y sont déclenchés, ont entraîné des déplacements de populations humaines et auraient majoré par conséquent les interactions entre les populations humaines et animales, d'après l'institut de recherche français. "Les contacts avec des animaux vivants ou morts lors de la chasse, la consommation de gibier sauvage ou l’utilisation de produits d’origine animale sont des sources présumées de l’infection humaine", expliquait l'OMS.
Au-delà des résurgences de la maladie en Afrique centrale et en Afrique de l'Ouest, la première occurrence d'un cas humain de variole du singe en-dehors du continent a été signalée en 2003, aux États-Unis, suite à l'adoption d'animaux de compagnies importées du Ghana. En 2017, une flambée épidémique est enregistrée au Nigeria et entrainera également des cas aux États-Unis, mais aussi en Israël, à Shanghai et au Royaume-Uni.
D'après l'OMS, la sensibilité accrue des êtres humains à la variole du singe pourrait être liée à la baisse de l’immunité due à l’arrêt de la vaccination antivariolique. La campagne de vaccination contre la variole avait été arrêtée dans les années 1980 à partir du moment où l'Organisation Mondiale de la Santé avait jugé la maladie éradiquée.
Sur lemême thème