La variole du singe est-elle en train de prendre de l'ampleur ? Plusieurs dizaines de cas suspects ou confirmés ont été détectés depuis début mai en Europe et en Amérique du Nord. Des données qui laissent craindre une propagation de cette maladie endémique d’Afrique de l’Ouest.
Le premier malade a été signalé, le 6 mai dernier, au Royaume-Uni. Depuis, les autorités britanniques ont recensé neuf autres cas qui, à l’exception du premier individu infecté qui avait récemment voyagé au Nigeria, ont tous contracté la variole au Royaume-Uni. "Ces derniers cas, ainsi que les informations faisant état de cas dans divers pays européens, confirme ce que nous craignions initialement, à savoir qu’il puisse y avoir une transmission de la variole du singe, aussi connue sous le nom de 'Monkeypox' au sein de nos communautés", a détaillé à l’AFP la Dr Susan Hopkins, principale conseillère médiale de l’agence britannique de sécurité sanitaire (OKHSA).
Les personnes infectées présentent des symptômes comprenant de la fièvre, un mal de tête, des douleurs musculaires, un mal de dos, des ganglions lymphatiques enflés, des frissons et de la fatigue. La maladie peut également provoquer des éruptions cutanées, souvent sur le visage, susceptibles de se répandre à d’autres parties du corps, dont les parties génitales. S’il n’existe pas de traitement spécifique contre la variole du singe, cette infection virale se guérit généralement d’elle-même. Elle se transmet par contact avec une personne atteinte ou ses liquides organiques.
Après les cas détectés au Royaume-Uni, d’autres pays comme l’Espagne, le Portugal, la Suède, l'Italie, le Canada et les États-Unis ont signalé la présence de la maladie sur leur territoire. Madrid et Lisbonne ont rapporté avoir recensé une quarantaine de cas suspects ou confirmés de la maladie. Les deux pays de la péninsule ibérique ont ainsi déclenché une alerte sanitaire nationale.
Jeudi, un premier cas a été déclaré en Suède, dans la région de Stockholm. Dans un communiqué, l’Agence de santé publique a précisé que la personne infectée n’était "pas gravement malade, mais a reçu des soins", spécifiant ne pas encore savoir où et comment elle avait pu être infectée. En revanche, aucun cas n'a pour le moment été détecté en France.
Du côté du continent américain, la chaîne publique Radio-Canada a rapporté que les autorités étudiaient une dizaine de cas suspects alors qu’aux États-Unis, un homme qui s’était récemment rendu au Canada a été testé positif à la variole dans l’État du Massachusetts.
La multiplication de ces foyers a alerté l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui a annoncé s’intéresser au fait que certains des cas au Royaume-Uni semblent avoir été transmis au sein de la communauté homosexuelle, ce qui représente "une nouvelle information", détaille l’OMS. L'organisation a lancé une étude afin de mieux comprendre cette dynamique de transmission. Sur Twitter, Maria Van Kerkhove, épidémiologiste américaine en charge de l’unité des maladies émergentes à l'OMS, a également précisé que l'organisation s'attendait à une augmentation des cas rapportés ou des pays concernés par la variole du singe, alors que plusieurs études sont menées pour mieux comprendre sa propagation.
Le Portugal a également rapporté que les personnes atteintes étaient pour la majorité "des jeunes, tous de sexe masculin" qui présentaient des "lésions ulcéreuses". Les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (...
[Courte citation de 8% de l'article original]