Il y a 50 ans, des échantillons de roches lunaires du programme Apollo ont été scellés sous vide et conservés sans tentative de les étudier en tablant sur les progrès des techniques d'analyses à venir. Aujourd'hui, la Nasa veut les faire parler pour des recherches sur la chimie prébiotique, l'histoire des flux de rayons cosmiques solaires, galactiques et bien d'autres choses encore.
Comme le montrent les précédents articles ci-dessous, cela fait quelques années que les cosmochimistes de la Nasa explorent lentement mais sûrement des échantillons de roches des missions Apollo. Ils avaient été mis sous scellés immédiatement à leur arrivée sur Terre, et parfois conservés carrément au congélateur, en prévision des progrès dans les techniques d'analyses que les chercheurs de l'époque prévoyaient pour les cinquante premières années après le retour sur notre satellite de Neil Armstrong et Buzz Aldrin.
Les scientifiques du Goddard Space Flight Center de la Nasa à Greenbelt, Maryland, ont récemment mis en ligne un article et une vidéo au sujet des analyses entreprises avec les échantillons rapportés sur Terre en décembre 1972 par la dernière mission lunaire, Apollo 17. Le communiqué de la Nasa explique que ces échantillons étaient congelés depuis 50 ans et que l'investigation de leurs secrets se fait dans le cadre du programme Apollo Next Generation Sample Analysis Program (ANGSA).
Les analyses sont conduites dans des conditions particulières. Elles ne se font pas simplement sous atmosphère inerte d'azote mais aussi en conservant les échantillons d'Apollo 17 impliqués à des températures de l'ordre de -20 °C. Pourquoi de telles précautions ?
Tout simplement parce que les chercheurs développent en même temps des techniques et des procédures qui permettront d'étudier des échantillons rapportés du pôle Sud de la Lune par le programme Artemis, ce qui veut dire que l'on s'attend à ce que ces échantillons comprennent de la glace lunaire que l’on voudra étudier comme telle, inchangée d’état entre sa récolte dans l’ombre « éternelle » d’un cratère polaire où elle aura attendu des membres de la noosphère terrienne pendant peut-être des milliards d’années.
Que cela soit dans cette glace ou dans des roches lunaires, les cosmochimistes rechercheront comme aujourd'hui avec les échantillons scellés depuis 50 ans des molécules prébiotiques. On a déjà trouvé des acides aminés depuis un moment déjà dans les échantillons de roches des missions Apollo étudiés depuis des décennies.
Les cosmochimistes vont aussi faire la comparaison entre le contenu des échantillons intouchés depuis 50 ans qui n'ont pas été congelés et ceux qui ont été congelés afin de déterminer la nature et l'ampleur des biais possibles qui auraient pu affecter les déductions tirées des analyses des roches lunaires de...
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