D'aussi loin que je me souvienne, ma grand-mère a toujours aimé marcher. Dix, vingt kilomètres, voire plus, par jour. Quand je passais les vacances d'été chez mon grand-père et elle à la campagne, je me souviens qu'elle en parlait dès le matin au réveil: «Il fait beau aujourd'hui, on va pouvoir en profiter pour aller marcher!»
En vérité, on y allait même quand il pleuvait des cordes. Et s'il m'arrivait de lui faire faux bond et de lui dire que je n'avais pas envie de l'accompagner, pour elle, ça ne changeait rien; elle enfilait ses tennis dès qu'on avait fini de déjeuner, et elle partait pour l'après-midi. Plus qu'un simple passe-temps, marcher était devenu pour elle une nécessité.
Comme c'est elle qui m'a inspiré le sujet de cet article, il était important pour moi de recueillir son témoignage. D'autant plus important qu'aujourd'hui, à 88 ans, il devient de plus en plus difficile pour elle de continuer à marcher plusieurs kilomètres par jour. Pas par manque d'envie, bien au contraire, mais parce que son corps ne suit plus comme autrefois. Aujourd'hui, elle est obligée de sortir avec une canne et de s'arrêter souvent pour reprendre son souffle. Mais malgré tout, chaque jour, elle part marcher seule, une heure le matin et une heure l'après-midi.
Elle me raconte qu'elle a débuté la marche quand mon grand-père et elle ont quitté la région parisienne pour venir s'installer à la campagne au moment de la retraite. Avant ça, elle n'avait juste pas le temps de marcher pour le plaisir, «entre les quatre enfants à charge, la maison à entretenir et le ménage que je faisais parfois chez d'...
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