L'annonce tombe pour ainsi dire à point nommé, au lendemain de l'ouverture à Abidjan, en Côte d'Ivoire, de la COP15 contre la désertification, en présence de plusieurs chefs d'État africains. D'après un nouveau bulletin sur le climat publié mardi par l'Organisation météorologique mondiale (OMM) des Nations unies, il y a une chance sur deux pour que la température mondiale annuelle moyenne soit temporairement supérieure de 1,5°C aux valeurs préindustrielles pendant l'une des cinq prochaines années au moins.
Selon l'agence onusienne, la probabilité d'un dépassement temporaire du seuil de 1,5°C n'a cessé d'augmenter depuis la signature de l'Accord de Paris sur le climat en 2015, année où ce risque était proche de zéro. Cet accord vise à contenir l'augmentation de la température moyenne mondiale nettement en dessous de 2 degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels et si possible à 1,5 degré. Des objectifs qui, au regard des tendances actuelles, semblent difficilement réalisables selon bon nombre de scientifiques.
"Le chiffre de 1,5°C n'est pas une statistique choisie au hasard. Il indique le point à partir duquel les effets du climat seront de plus en plus néfastes", a expliqué Petteri Taalas, secrétaire général de l'OMM. Il a souligné que le réchauffement de l'Arctique est "particulièrement marqué", alors même que les conditions qui prévalent dans cette région ont des répercussions sur la planète entière.
Selon ce bulletin établi par le Service météorologique du Royaume-Uni, qui est le centre principal de l'OMM, il est très probable (93%) qu'au moins une des années comprises entre 2022 et 2026 devienne la plus chaude jamais enregistrée. Ce record est actuellement détenu par l'année 2016, qui avait été marquée par un puissant épisode El Niño, phénomène océanique naturel qui entraîne une hausse des températures. Il est également probable à 93% que la moyenne de la température pour la période 2022-2026 soit supérieure à celle des cinq dernières années (2017-2021).
En 2021, la température moyenne de la planète a dépassé de 1,11°C celle de l'ère préindustrielle de référence, selon un récent rapport de l'OMM sur l'état du climat mondial. La version définitive du document sera publiée le 18 mai. Selon l'OMM, les épisodes La Niña consécutifs du début et de la fin de 2021 ont entraîné un refroidissement des températures mondiales, "mais ceci n'est que temporaire et n'inverse nullement la tendance au réchauffement planétaire sur le long terme".
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