Défilé du 9-Mai : les Russes regardent la parade "avec beaucoup de scepticisme"

LCI - 09/05
[VIDÉO] - Ce lundi 9 mai, la Russie célèbre le "Jour de la Victoire" contre l'Allemagne nazie en 1945. Mais la démonstration de force ne convaincra pas l'ensemble des Russes, assure Hélène Carrère d'Encausse, historienne spécialiste de la Russie, invitée sur LCI.

Ce lundi 9 mai, la Russie célèbre le "Jour de la Victoire" contre l'Allemagne nazie en 1945.
Mais la démonstration de force ne convaincra pas l'ensemble des Russes, assure Hélène Carrère d'Encausse, historienne spécialiste de la Russie, invitée sur LCI.

"Gloire à nos forces, hourrah !" Des hordes de militaires, le son saccadé des bottes, d'immenses fanions le long des monuments de la Place rouge, à Moscou. Comme chaque année, la Russie célèbre, ce lundi 9 mai, sa victoire contre l'Allemagne nazie en 1945. L'occasion pour Vladimir Poutine d'afficher sa puissance militaire et, cette fois, de montrer sa détermination à mener jusqu'au bout la guerre contre l'Ukraine, devant un public acquis à sa cause.

Un "malaise autour de Poutine"

Une volonté de montrer sa puissance nuancée par Hélène Carrère d'Encausse, historienne spécialiste de la Russie, invitée ce lundi matin sur LCI. Devant leurs écrans, les Russes vont regarder le défilé "avec beaucoup de scepticisme", assure l'écrivaine face à Elizabeth Martichoux. "Ce sont des gens éduqués, intelligents", loin d'être dupes, continue-t-elle. Et aujourd'hui, malgré la propagande d'État, "les Russes savent que leur pays n'arrive pas à se tirer d'affaire en Ukraine. On leur a dit, on va se promener pour quelques heures, remettre de l'ordre, mais ils voient très bien que l'armée ne se sort pas d'affaire" face à la résistance ukrainienne.

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Deux mois et demi après le début de la guerre, "Kiev appartient toujours aux Ukrainiens et pour eux, l'armée est toujours quelque part du côté du Donbass" où existent déjà des régions prorusses, poursuit Hélène Carrère d'Encausse. Même chez les oligarques, la prudence est de mise. "Il y a un malaise autour de Vladimir Poutine, c'est certain", pointe l'historienne qui continue : "Il ne faut pas oublier que dans toute famille russe, il y a des Ukrainiens et le cousin ukrainien, ce n'est pas un nazi. C'est un Ukrainien."

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Mais les Russes ont peur du désordre, prévient Hélène Carrère d'Encausse. "À la fin de l'Union soviétique, ils ont vécu un chaos inimaginable et ont vécu dix années très très dures. C'est pour ça, que dans ce conflit, ils attendent de voir. La sagesse leur a appris à ne pas bouger ", conclut-elle.

Léa Coupau

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