Renouveau porteur ou inféodation ? Signé dans la nuit de jeudi à vendredi, l'accord entre le PS et LFI en vue des législatives n'a pas manqué de diviser le parti de Jaurès, faisant grincer des dents les ténors socialistes. Des critiques balayées par le premier secrétaire du PS Olivier Faure, l'un des architectes de cette Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), qui a salué dans le Grand Jury LCI-RTL-Le Figaro ce dimanche "une alliance inédite", adoptée à 62% par le parlement de sa formation politique.
"Il y a des gens qui critiquent, oui", a reconnu le responsable socialiste. De nombreuses voix montent en effet au créneau contre cette nouvelle alliance entre les socialistes, insoumis, communistes et Verts, dont la convention s'est tenue samedi : parmi eux, l'ancien président François Hollande, l'ex-candidate à la présidentielle Anne Hidalgo, l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve, qui a annoncé quitter le parti, ou encore la présidente de la région Occitanie Carole Delga, qui a pour ambition de prendre la tête de cette opposition.
"Mais maintenant, il faudrait qu'on parle aux Françaises et Français, qu'on arrête d'être dans cette guerre de tranchées qui a lassé tout le monde, elle n'intéresse plus personne. (...) Les Français sont dégoûtés par ces combats d'arrière-garde", s'est-il irrité, affirmant que les "histoires de tambouilles" n'intéressent pas les Français.
"Je n'ai pas tambouillé, j'ai fait un accord sur le fond pour faire en sorte que les choses avancent", s'est-il défendu pour sa part. Évoquant les Français les plus précaires, "ceux-là se foutent de savoir ce que pense tel ou tel éléphant, ce qu'ils veulent seulement savoir, c'est si demain ils vont enfin avoir la possibilité de nourrir leurs enfants, de les habiller, leur donner un avenir, les amener en vacances", s'est-il emporté. "Le reste, ce n'est que de la blague. Cela fait des années que l'on parle que de ça. Je suis venu dire aux Français et Françaises : 'on vous a entendus, on vous a compris, et maintenant on se bat pour vous'".
Quant aux détracteurs qui estiment que le parti ne s'est pas suffisamment mobilisé pour défendre sa ligne ces dernières années, "la réalité, c'est que les déboires du PS ne datent pas de quelques jours", a plaidé Olivier Faure, ciblant au passage "un certain président n'a pas été candidat à sa propre succession, fait unique dans l'histoire de France", en référence à l'ancien président socialiste François Hollande. Contrairement aux réticents "barons" du PS, il a martelé qu'"une nouvelle génération de maires, de présidents de départements est au travail" et que "les militants socialistes sont très favorables à l'union".
Se défendant d'être devenu "mélenchoniste", le Premier secrétaire a assuré qu'il n'y a "pas d'allégeance" du PS à LFI et a refusé toute marche arrière. Il a toutefois indiqué que des négociations étaient en cours dans un cas particulier : celui de la "valeureuse" députée socialiste Lamia El Aaraje, soutenue par Lionel Jospin, qui envisage de se présenter en dissidence dans la 15e circonscription de Paris, réservée pourtant par la Nupes à l'Insoumise Danielle Simonnet. Y voyant une "forme d'injustice à ce qu'elle ne soit pas dans l'accord", "je me bats pour ça", a-t-il ...
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