Elle s'en amuse aujourd'hui. Mais elle a longtemps été minée par ses échecs successifs dans l'émission. Après cinq ans d'essais infructueux, Mary Milton réalise un parcours sans faute dans la saison 11 de "The Voice". Sa coach Amel Bent dit d'elle qu'elle est "l'un de ses talents les plus solides". Sa voix puissante a fait des ravages ce samedi 7 mai lors des super cross-battles, nouvelle étape inédite lors de laquelle le public l'a qualifiée pour la demi-finale en direct. Heureuse à en pleurer sur scène, elle revient pour nous sur cette prestation pas comme les autres dans les pas de Céline Dion.
Chanter "All by myself", c’était dire au public en plateau : "Ne me laissez pas seule aux portes des directs" ?
Oui forcément un petit peu. Ça raconte aussi l’histoire de ma vie, ce moment où on se retrouve seul. C’est vrai qu’énormément de personnes attendent LA note mais je voulais vraiment interpréter cette chanson, faire passer l’émotion dès le départ et peut-être faire découvrir les paroles au public.
Ce moment où vous vous êtes retrouvée seule, c’est par rapport à la musique ?
Exactement. Ça faisait cinq ans que je tentais le casting de "The Voice" et je me suis pris pas mal de portes dans la figure. Ça a parfois été très compliqué, je me suis énormément remis en question. Je me suis retrouvée face à toutes ces choses qui font mal, me demandant si la musique c’était vraiment fait pour moi, si ça allait fonctionner un jour… Ça arrive à tout le monde d’avoir ce genre de période d’angoisse et de stress, peu importe le domaine. Chanter "All by myself," c'était faire passer le message aux gens qu’ils ne sont pas seuls et qu’ils sont forts. C’était très important pour moi.
On le sent dans votre prestation, que vous vivez intensément…
C’est vrai que ça a été un moment très fort. À la fin, je m’écroule. Je n’ai pas pu retenir mes larmes parce c’était trop fort justement, il fallait que ça sorte. Je me souviens qu’à ce moment-là, je n’avais plus le contrôle sur mes émotions. J’étais toute tremblante. Je n’avais jamais montré cette intimité auparavant.
Au départ, je devais chanter en français. Mais Amel Bent a dit : "Non, non, tu vas faire 'All by myself""
Mary Milton
C’était un choix de chanson de risqué, non ? Il y a toujours moyen de rater LA note dont vous parliez…
Oui, je peux vous le dire parce qu’aux répétitions elle ne passait pas (elle rit). J’ai eu très peur à ce moment-là. Le psychologique joue énormément sur la voix. On se dit : "Ça ne va pas passer, ça ne passera pas". Mais je ne me suis pas laissé le choix. J’étais face à Charles, une bête de scène exceptionnelle. Au départ, je devais chanter en français. Mais Amel Bent a dit : "Non, non, tu vas faire 'All by myself"". J’ai relevé le défi parce que j’aime ça, j’aime me surpasser. Maintenant, je me dis que tout est possible, je suis contente.
Florent Pagny après votre passage dit : "Là, on est vraiment dans 'The Voice'". Cette qualification pour les directs, c’est une revanche sur ces cinq dernières années ?
Oui et non parce que dans ce mot, il y a toujours une part d’obscurité. Je préfère vraiment être dans la lumière, l’amour. Donc je dirais que c’est une quête réussie plutôt qu’une revanche. C’est une belle histoire. Même si j’étais sortie aux super cross-battles, j’aurais été très fière de moi et de mon parcours. Je chante à chaque étape comme si c’était la dernière.
Les mots d’Amel Bent juste avant votre prestation, ça vous a donné la confiance qui vous manquait peut-être ?
Je pense qu’elle m’a très bien cernée. Le fait qu’elle me rassure m’a boostée à 3000%, ça a pétillé en moi. Je me suis dit que je ne pouvais pas la décevoir, que je pouvais le faire.
On vous sent très admirative de votre coach…
Totalement. C’est vrai que je la regarde comme si c’était une grande sœur, comme s’il s’était déjà passé quelque chose dans une vie antérieure. C’est très bizarre. Je l’admire énormément. Je respecte la femme et l’artiste qu’elle est. Elle a une vision de la musique très pointilleuse. Elle...
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