Dans le Arkoub, on dit oui à la résistance mais pas au Hezbollah

LOrientLeJour - 07/05
A moins de deux semaines des législatives, L’Orient-Le Jour et L'Orient Today prennent le pouls du Liban à travers des reportages en immersion aux quatre coins du pays. Six journalistes et trois...

Des drapeaux jaunes et verts claquent au vent dans les villages tout le long de la route du Sud. Passé le Litani, à l’Est, des vallons à perte de vue et des champs d’oliviers que domine, en arrière-plan, l’imposant Mont Hermon enneigé. A l'embranchement de Souk el-Khan, à Saïda, un poing de la thaoura surgit de nulle part, comme pour signaler le changement manifeste de territoire. C’est là, entre les ruines de ce marché vieux de six siècles que des habitants de la circonscription de Marjeyoun-Hasbaya-Nabatiyé s’étaient réunis lors du soulèvement du 17 octobre 2019. Sur les petites routes menant aux seuls villages sunnites qui y forment la région du Arkoub, pas un encart des candidats de l’opposition comme des partis traditionnels n’a été installé. A l'Ouest, le Hezbollah règne en maître absolu. A l’Est, la proximité du voisin israélien fait de la « Résistance » une cause sacrée.

Au carrefour de Souk el-Khan, un poing de la révolution où il est inscrit "nation" a été installé. Caroline HAYEK

Jalal, Ziki et Mouatassem discutent sous le noyer d’Abou Mohammad, face au temple romain de Habbariyé. Dans ce village qui compte 2000 habitants à l’année, les perspectives de carrière sont minces. Alors Jalal, gérant de café, Ziki, vendeur de chaussures, et Mouatassem, sans emploi, tentent tant bien que mal de vendre l’huile d’olive, fruit de leurs terres, et font des intérims pour une ONG allemande qui distribue des vivres dans les alentours. Le soulèvement du 17 octobre n’a pas pris par surprise ce fief majoritairement communiste, tout comme à Kfarhamam et Kfarchouba. « Ça fait plus de dix ans que nos routes n’ont pas été goudronnées, nous sommes une poussière sur la carte. Depuis la libération du Liban-Sud (en 2000), aucun ministre ou même député n’est passé chez nous, à part Saad Hariri en 2018 pour appuyer la candidature de Imad el-Khatib », déplore Mouatassem. « Sans wasta (piston), tu es foutu. On ne regarde pas les petits comme nous ».

Pour aller voter, Ziki n’a qu’à faire quelq...
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