La Nasa et Boeing ont confirmé que le second vol d'essai inhabité du Starliner est prévu pour le 19 mai. Après le premier vol d'essai raté, Boeing ne peut pas se permettre un nouvel « échec ». Un vol à fort enjeu pour l'industriel également empêtré dans des problèmes de développement du lanceur SLS.
Alors que SpaceX assure un service régulier de transport d’astronautes et de spatio-touristes à destination de la Station spatiale internationale, Boeing se prépare pour son second vol d'essai inhabité (Orbit Flight Test) que SpaceX a réalisé avec succès en mars 2019 ! Ce n'est pas peu dire que Boeing est très en retard...
Il y a quelques jours, la Nasa a annoncé que cet Orbit Flight Test-2 est prévu pour le 19 mai. Il s'agit d'un vol sans équipage qui a pour principal objectif de faire oublier (pour l'image de Boeing) le désastreux premier vol d'essai du Starliner. Pour rappel, ce vol s'est soldé par un amarrage raté à la Station spatiale internationale et un retour sur Terre plus tôt que prévu. L'analyse des données et la télémétrie de ce vol avaient montré qu'en l'état la capsule ne pouvait pas réaliser des vols habités aller-retour dans l'espace.
Initialement, cette deuxième tentative était prévue l'été dernier mais le vol avait été reporté, puis annulé à la suite de la découverte du dysfonctionnement de plusieurs soupapes dans le système de propulsion. Le problème est apparu suffisamment significatif pour que la Nasa et Boeing décident de ramener le lanceur et la capsule dans le bâtiment d'assemblage pour procéder aux réparations qui se sont imposées.
Notez que pour des raisons évidentes de sécurité, comme le Starliner volera à vide, les astronautes à bord de la Station ou les contrôleurs au sol, pourront prendre le contrôle du véhicule spatial et le piloter à distance si nécessaire. Notamment lors des manœuvres d'approche et d'amarrage au complexe orbital.
ULA is using the #AtlasV N22 to launch #OFT2 for @BoeingSpace and @NASA's @Commercial_Crew Program. The launch vehicle includes two AJ60 solid rocket boosters and the Dual Engine Centaur with twin RL10A-4-2 engines to send #Starliner on its test flight. https://t.co/4SZdtfdv9Hpic.twitter.com/5RRQYjpURI
— ULA (@ulalaunch) May 4, 2022
L'objectif de ce vol est de démontrer les performances opérationnelles de bout en bout du lanceur Atlas V, dans sa configuration de vol habité, du Starliner ainsi que les systèmes au sol et les opérations en orbite (amarrage et atterrissage). De nombreux systèmes critiques seront donc sous surveillance tout au long de la mission. L'avionique, l'amarrage, les communications, la télémétrie, le contrôle bord, les panneaux solaires, la distribution électrique et la propulsion sont tous les systèmes que la Nasa et Boeing surveilleront en permanence, jusqu'au retour sur Terre de la capsule.
Ce vol sera aussi l'occasion de s'assurer du bon fonctionnement du système GNC (Guidage, Navigation and Control) qui assurera le contrôle du vol du lanceur et le pilotage et le contrôle du Starliner lors de son ascension, son entrée en orbite et jusqu'à son retour sur Terre.
À l'issue de cette démonstration, et si aucune anomalie n'a été constatée, Boeing pourra préparer le premier vol habité du Starliner. Ce vol habité pourrait avoir lieu d'ici la fin de l'année. Un équipage de trois astronautes devrait prendre place à bord du Starliner. Pour l'instant, seuls deux astronautes, Butch Wilmore et Micke Fincke, ont été confirmés.
Article de Rémy Decourt publié le 17/08/2021
On peine à y croire. Après la catastrophe industrielle du 737 Max, Boeing rencontre d'étonnantes difficultés pour mettre au point son véhicule habité Starliner. Et après un échec partiel lors du premier vol d'essai, le constructeur américain est contraint de débarquer la capsule du Starliner pour la ramener dans son bâtiment pour des « réparations » qui cachent peut-être un problème plus profond que le seul dysfonctionnement de soupapes.
Quand verrons-nous des astronautes voler à bord du Starliner de Boeing ? Probablement pas cette année et très grosse incertitude sur la suite des opérations et le planning de développement de la capsule habitée de Boeing. Lors d'une conférence commune avec la Nasa, Boeing a annoncé le retour de la capsule dans ses locaux et la suspension indéterminée du deuxième vol de démonstration prévu fin juillet, puis début août. Interrogé sur une date de retour en vol, John Vollmer, le vice-président et directeur du programme de vols commerciaux de Boeing, a simplement déclaré qu'il est « trop tôt pour dire » si ce vol d'essai non habité pourra avoir lieu cette année.
Si l'on tient compte du calendrier de lancement de la Nasa et du trafic à destination de la Station spatiale internationale (ISS), la prochaine possibilité d'un lancement pour le Starliner se présentera seulement après le départ de la sonde Lucy à destination d'astéroïdes troyens. Cette mission sera lancée à l'intérieur d'une fenêtre de tir qui s'ouvre à la mi-octobre et se referme début novembre. Si le Starliner n'est pas prêt après ce lancement, l'opportunité suivante est en 2022.
En cause, le problème des soupapes qui semble bien plus sérieux qu'il n'y paraît. Signe de la gravité du problème technique auquel sont confrontés les ingénieurs et techniciens de Boeing, la capsule a été débarquée du lanceur Atlas V. Elle sera prochainement ramenée au C3PF, un bâtiment de Boeing situé dans l'enceinte du Centre spatial Kennedy où sont préparées les capsules Starliner. Au sol, les...
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