Législatives : les concessions du Parti socialiste pour arriver à un accord avec LFI

LCI - 04/05
[VIDÉO] - Pour conclure un accord avec La France insoumise en vue des élections législatives, le Parti socialiste doit accepter de faire des concessions sur plusieurs idées. Notamment sur la retraite à 60 ans et la désobéissance aux traités de l'Union européenne.

Pour conclure un accord avec La France insoumise en vue des élections législatives, le Parti socialiste doit accepter de faire des concessions sur plusieurs idées.
Notamment sur la retraite à 60 ans et la désobéissance aux traités de l'Union européenne.

Ils y sont arrivés. Les discussions entre le Parti socialiste et La France insoumise en vue des élections législatives sont sur le point de se terminer. Un "accord global est en bonne voie" ont-ils annoncé ce mercredi dans la matinée, après s’être mis d’accord sur le nombre de circonscriptions allouées aux socialistes, point qui bloquait les négociations ces derniers jours. Car les socialistes avaient déjà convenu de faire des concessions sur le programme à défendre ; "le PS a fait des pas essentiels sur le bilan de Hollande, l’abrogation de la loi El Khomri, la retraite à 60 ans, le non-respect de certaines règles européennes", a avoué l'eurodéputée LFI Manon Aubry. 

En effet, les socialistes ont dû accepter de se battre pour des idées qu'ils n'ont jamais défendues dans le passé et lors de la dernière élection présidentielle, et qu'ils ont même combattues. Il en est ainsi de la retraite à 60 ans : Anne Hidalgo a fait campagne pour l'Élysée en défendant le maintien à 62 ans, et il y a encore quelques jours, le Premier secrétaire du PS Olivier Faure, favorable à l'accord avec LFI, estimait que même s'il n'était pas fondamentalement contre un départ à 60 ans, la réforme des Insoumis coûtait trop cher. Aussi, il n'était "pas certain qu’on ait besoin de ramener tout le monde à 40 annuités".

Le PS a également consenti à revenir sur une loi importante du quinquennat de François Hollande : la loi El Khomri. Pour les Insoumis, avec les ordonnances Macron qu'ils souhaitent également abroger, elles permettent une plus grande flexibilité du travail, au détriment des salariés, et facilitent les licenciements. Toutefois à ce sujet, plusieurs voix au sein du PS, dont Anne Hidalgo elle-même, ont déjà laissé entendre qu'elles pourraient revenir sur les contenus de ces deux textes, mais sans parler d'abrogation pour autant. 

En signant cet accord, les socialistes acceptent aussi de "rompre avec la monarchie présidentielle par un basculement vers une VIe République permettant notamment la pleine implication citoyenne à travers le référendum d’initiative citoyenne". Lors de la dernière élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon était le seul candidat à prôner le changement de République ; cela ne faisait pas partie des propositions du Parti socialiste. 

Des concessions sur l'Union européenne

Mais la concession la plus importante pour ce parti pro-européen est celle revenant sur ses positions vis-à-vis de l'Union. Il faudra voir si dans l'accord signé entre les deux partis le terme de "désobéissance" aux traités européens est toujours présent, et comment elle est circonscrite à des domaines précis, par exemple aux questions budgétaires et économiques comme dans l'accord avec EELV. La semaine dernière, la direction du PS avait indiqué dans un courrier que "la mise en œuvre du programme que nous construisons conduira nécessairement à des tensions, à constater des contradictions, et à ne pas respecter certaines règles" européennes, même s'ils avaient rappelé être profondément attachés à la construction de l'Europe et affirmaient leur refus de mettre en danger sa construction. 

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