DÉCÈS - Le 3 mai 1987, il est vingt heures et des poussières en ce dimanche pluvieux de ce long week-end de la fête du Travail. Bernard Rapp, le présentateur vedette des journaux de l’époque, s’apprête à passer à la page sportive et à céder la parole à Gérard Holtz, mais une dépêche AFP vient de lui parvenir. Bernard Rapp se contente de la lire, laconique et pour tout dire un peu hébété: “La chanteuse Dalida a été retrouvée sans vie par son habilleuse dans sa maison de Montmartre, à l’âge de cinquante-quatre ans”.
Morte, Dalida? Quelques mois avant, elle était l’invitée du journal pour évoquer son rôle au cinéma, dans Le sixième jour de Youssef Chahine. Coiffée d’un simple béret, elle parlait à voix basse, sur un ton si tranquille. Elle avait raconté à Rapp son tournage en Égypte, le réapprentissage de la langue arabe, les horaires de travail harassants imposés par Chahine dans ce pays sans syndicat…
Bientôt, toutes les rédactions ébruitent le scoop: Dalida s’est suicidée. Cent vingt somnifères dans le ventre et un seul mot digne de la Dame aux camélias sur sa table de chevet: “La vie m’est insupportable. Pardonnez-moi”. Le lendemain, les rumeurs les plus folles circulent. Certains à la machine à café, encore plus romantiques qu’Alexandre Dumas, parlent même d’un assassinat commandité par François Mitterrand.
Il faut dire que rien ne laissait présager, pour ceux qui ne la regardaient pas de près, un tel dénouement tragique, surtout quand on s’attarde sur les articles dithyrambiques au sujet du film de Chahine et de son personnage d’Égyptienne, voilée des pieds à la tête. Nous sommes loin de Gigi in ...
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