Sur Twitter, antichambre de la désinformation sur le virus, les messages faisant état de scandales liés à l’inefficacité des vaccins, voire à leur dangerosité, se sont récemment multipliés. Avec très souvent le laboratoire Pfizer dans leur viseur. Nous avons vérifié trois affirmations relayées ces derniers jours pour distinguer le vrai du faux.
Plusieurs comptes ont affirmé, document à l’appui, que le laboratoire Pfizer avait lui-même admis l’inefficacité de son vaccin. On peut retrouver certaines accusations ici, ou encore ici. Dans le même temps, la capture d’écran du document nous a été envoyée, afin que nous vérifiions sa véracité. Celle-ci est en fait extraite d’un rapport de BioNTech, la société allemande ayant développé le vaccin à ARNm commercialisé par Pfizer. La partie mise en avant par les internautes se retrouve page 6 de ce rapport public, daté du 30 mars.
On peut lire au point consacré aux "formes de risques" : "Nous pourrions ne pas être en mesure de démontrer une efficacité ou une sécurité suffisante de notre vaccin COVID-19 et/ou des formulations spécifiques à une variante pour obtenir une approbation réglementaire permanente aux États-Unis, au Royaume-Uni, dans l'Union européenne ou dans d'autres pays où il a été autorisé pour une utilisation d'urgence ou a reçu une autorisation de mise sur le marché conditionnelle".
En réalité, cette formulation n’induit pas que le fabricant du vaccin admet son inefficacité. Ce document, qui est destiné aux investisseurs, recense tous les risques de baisse de ses revenus. Parmi ces risques, se trouve le fait que les futurs vaccins de BioNTech, qui seraient adaptés aux variants du virus, ne seraient pas assez efficaces. Ainsi, BioNTech précise à la page 4 que "toutes les déclarations qui ne sont pas des faits historiques peuvent être considérées comme des déclarations prospectives" et que celles-ci "sont soumises à des risques connus et inconnus, des incertitudes (…) qui pourraient faire en sorte que nos résultats d'exploitation, notre situation financière, nos liquidités, nos performances (…) pourraient différer sensiblement de ceux exprimés".
Comme le démontre Ari Kouts, scientifique en innovation, sur son compte Twitter, ce rapport est simplement un "document réglementaire, légal et obligatoire" pour permettre à la société de "de se protéger et que les décisions d’investissements soient faites en connaissance des risques". Sur le même thème, un document avait été présenté comme une brochure publicitaire, dans laquelle Pfizer reconnaissait que son vaccin n’était pas efficace contre les formes graves. C’était tout aussi faux à l'époque.
Nous avons été interrogés récemment sur un chiffre attribué à l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et cité il y a quelque temps sur le plateau de Cnews. Le Pr Michaël Peyromaure, chef du service d’urologie de l’hôpital Cochin de Paris, démontrait alors que les effets secondaires graves suite aux vaccins étaient courants : "130 millions de doses vaccinales ont été injectées. Un peu plus de 130.000 effets indésirables associés ont été recensés, c’est-à-dire un effet indésirable sur 1000. Mais ce qui est important, c’est que 24% de ces effets indésirables sont considérés comme graves".
Sur son site, l’ANSM rend bien publique la surveillance qu’elle mène sur les vaccins contre le Covid. Au 10 février, peu de temps avant la séquence, l’agence rapportait sensiblement les mêmes proportions que le Pr Peyromaure. Parmi les 141.508 cas d’effets indésirables analysés en France, sur un total de 139 millions de doses injectées des quatre vaccins différents (Pfizer, Moderna, AstraZeneca et Janssen), 25% de cas graves étaient rapportés dans les centres régionaux de pharmacovigilance. En date du 21 avril, les or...
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