Transnistrie : pourquoi cet étroit territoire moldave est stratégique pour Poutine

LCI - 27/04
[VIDÉO] - Depuis quelques jours, la région séparatiste prorusse de Transnistrie, au cœur de l'Europe, est la cible de tirs. La Russie pourrait se servir de ce prétexte pour intervenir militairement sur ce territoire, où se trouvent 1500 soldats. Vladimir Poutine pourrait ensuite s'étendre vers le sud-ouest de l'Ukraine, mais aussi vers la Moldavie.

Depuis quelques jours, la région séparatiste prorusse de Transnistrie, au cœur de l'Europe, est la cible de tirs.

La Russie pourrait se servir de ce prétexte pour intervenir militairement sur ce territoire, où se trouvent 1500 soldats.

Vladimir Poutine pourrait ensuite s'étendre vers le sud-ouest de l'Ukraine, mais aussi vers la Moldavie.

Un si petit territoire permettrait-il vraiment à Vladimir Poutine de déstabiliser l'Europe ? Depuis quelques jours, la région séparatiste prorusse de Transnistrie, voisine de l'Ukraine en guerre et située à l'est de la Moldavie pro-européenne, est la cible de tirs. Ces explosions suscitent des inquiétudes, car elles pourraient servir les intérêts militaires du maître du Kremlin.

Ériger un territoire-barrière entre l'Ukraine et l'Europe

Selon le Colonel Peer de Jong, invité ce mercredi 27 avril sur LCI, la Russie pourrait en effet "indirectement accuser les Ukrainiens" en "construisant au fil des semaines, au fil des mois, un prétexte afin d'intervenir en Transnistrie". "On voit que ce territoire (où se trouve actuellement 1500 soldats, ndlr) n'est pas très loin d'Odessa, qui n'est pas très loin de la Crimée, qui elle-même n'est pas très loin du Donbass". Autrement dit, "prendre cette région permettrait de barrer les dispositifs entre l'Ukraine et l'Europe." 

D'après le Colonel, ces tirs s'apparentent ainsi à des "opérations préliminaires" et les forces russes pourraient ensuite "très bien faire un pont aérien entre la Russie et la Transnistrie et envoyer 10.000 hommes assez rapidement, grâce à de gros porteurs qui peuvent transporter 500 ou 1000 soldats par rotation. En une vingtaine de rotations, vous avez 10.000 combattants positionnés."

Si la Russie attaque l'Ukraine par le nord et l'est depuis le début du conflit, le 24 février - avant de battre en retraite depuis peu et de concentrer ses efforts dans la région du Donbass -, cette intervention militaire dans la Transnistrie permettrait d'attaquer l'Ukraine "par l'arrière", puis de conquérir la région stratégique d'Odessa, avec "la prise du port et de la mer Noire", mais aussi "de Dnipro et du Dniepr, de Marioupol et de la mer d'Azov", a détaillé le colonel, avant de souligner la difficulté qu'une telle offensive représenterait pour l'Ukraine : "A l'avant, on peut gérer (son ennemi, ndlr), mais à l'arrière, c'est un vrai problème".

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Outre le risque d'expansion vers l'est, la Russie pourrait également, en positionnant des troupes en Transnistrie, s'étendre à l'ouest en annexant la Moldavie, qui a fait une demande d'intégration à l'Union européenne (UE) dès le début du conflit russo-ukrainien. Face à la menace, le pays a annoncé des mesures pour renforcer sa sécurité et a appelé sa population au calme. 

Léa LUCAS

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