L'offensive Russe pourrait-elle s'étendre au-delà de l'Ukraine ? L'inquiétude monte, depuis une série d'explosions ces derniers jours, dans la région séparatiste prorusse de Transnistrie, voisine de l'Ukraine en guerre et située à l'est de la Moldavie, dirigée par la présidente Maïa Sandu, pro-européenne. Alors que, ce mercredi encore, les autorités de la Transnistrie ont annoncé de nouveaux tirs sur l'un de ses villages frontaliers de l'Ukraine, les conséquences d'une escalade inquiètent.
Selon Kiev, ces tirs pourraient être une tentative de "déstabilisation" de la région, justifiant une intervention militaire russe. Problème ? Cette intervention viendrait perturber les relations, relativement apaisées depuis près de 30 ans, entre la Moldavie et la Transnistrie, qui a déclaré son indépendance en 1991. Mais surtout, elle menacerait directement la Moldavie, qui ne fait pas partie de l'OTAN, et pourrait mener à une annexion de la région séparatiste par Moscou, comme ce fut le cas, par exemple, de la Crimée en 2014.
Il faut dire que cette ancienne république soviétique est stratégique pour Vladimir Poutine, dont la logique est de s'étendre vers l'Ouest. Un grand dépôt d'armes, datant de l'ère de l'URSS, s'y trouve et est contrôlé par 1500 soldats russes, déployés sur cette étroite bande de terre de 500.000 habitants.
À noter que la Moldavie, dont la dirigeante a demandé à rejoindre l'Union européenne (UE) dès que les troupes russes ont passé la frontière ukrainienne le 24 février dernier, joue un rôle essentiel dans l'accueil des réfugiés Ukrainiens. Selon le HCR, 435.275 Ukrainiens étaient entrés en Moldavie au 25 avril. La plupart continuent ensuite leur voyage vers d'autres pays.
L'autre risque majeur est que les soldats russes massés en Transnistrie participent à une offensive dans la région d'Odessa, localisée à une centaine de kilomètres du territoire séparatiste. La ville portuaire du sud-ouest de l'Ukraine, majoritairement russophone, est, elle aussi, stratégique pour le maître du Kremlin.
Située sur les bords de la mer Noire, c'est le principal point de transits pour les importations et les exportations ukrainiennes avec l'étranger, vitales pour l'économie du pays. Parmi ces échanges commerciaux majeurs : 100% du pétrole importé depuis l'extérieur y est réceptionné et 100% des produits agricoles cultivés en Ukraine, comme le maïs ou encore l’orge, y sont exportés vers l'international. Deux autres ports importants de la région, celui de Youjni et d’Illytchyivsk, sont aussi connus pour la chimie, les métaux et les trafics de conteneurs, grâce notamment à l'installation de plusieurs industries dans cette zone convoitée. En 2019, les trois ports de cette région ont accueilli quelques 91,4 millions de tonnes de marchandises.
Aussi, en mettant la main sur la région d'Odessa, le président Russe pourrait paralyser l'économie ukrainienne et empêcher l'accès aux aides humanitaires, provoquant des pénuries alimentaires sans précédent, dans le pays et dans le monde.
Face à ce risque grandissant, la Moldavie a annoncé des mesures pour renforcer sa sécurité et a appelé sa population au calme. Le ministr...
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