La protection environnementale valorise à nouveau ces petites mains dont personne ne voulait plus. Trop âgés, handicapés, accidentés, des demandeurs d’emploi de longue durée retrouvent leur place sur le marché du travail grâce à l’association nationale "Territoires zéro chômeur de longue durée". Soutenue par l’État et les collectivités locales, elle propose, sur une cinquantaine de territoires depuis 2016, d’aider toutes les personnes privées d’emploi à créer leur propre contrat à durée indéterminée à temps choisi. Objectif : développer des activités non-concurrentielles et utiles pour répondre aux besoins du territoire.
Au sud du Finistère, le programme s’appelle Concarnagglo-TZCLD et s’applique sur les communes d’Ergué-Gabéric, Saint-Thégonnec et Concarneau qui rassemblent environ 50 000 habitants. Encore en chantier, il vise 80 chômeurs inactifs depuis au moins un an. Avant de créer leur entreprise à but d’emploi, les bénéficiaires se préparent dans des ateliers thématiques. Lisa Le Run, salariée de l’agglomération et chef du projet, expose la démarche : "Le but de ces ateliers est de maintenir le lien avec une vingtaine de personnes, pour l’instant, éloignées de l'emploi. Elles se sont portées volontaires pour tester leur savoir-faire bénévolement. Ce projet permet de repenser l’emploi en fonction de son utilité sociale et de sa contribution à la transition écologique."
Une trentaine d’acteurs d’horizons différents soutiennent le projet. La Région et le département concernés, l’État, les acteurs de l’emploi et de l’insertion (Pôle emploi, Mission locale, Cap emploi, associations et entreprises d’insertion), associations caritatives partenaires (Secours catholique), entreprises locales ou encore des chômeurs se réunissent 3 fois par an pour guider et prendre les décisions stratégiques. Les compétences des personnes aidées guident les parties prenantes du projet. À Concarnagglo, les partenaires ont identifié des compétences aussi variées que la chaudronnerie, l’informatique, la littérature et la linguistique, les relations humaines (administratif, contact public, vente), etc.
Trois ateliers ont lancé le projet : une librairie solidaire pour récupérer et trier des livres, un espace pour bricoler et concevoir des meubles à partir de bois de récup et de carton et un atelier d’informatique pour reconditionner des ordinateurs. Les nouveaux outils sont remis gratuitement à des personnes dans le besoin. "Nous avons par exemple à cœur de combler la fracture numérique", se réjouit Lisa Le Run.
Yves Romaire, 59 ans, a été victime d’un burn-out début 2019. Depuis, il ne parvient pas à trouver une nouvelle activité. L’ancien ouvrier sur des chantiers navals se dit "emballé" par le projet : "On passe notre temps à gagner notre vie à la perdre. Pôle emploi me propose des choses dans lesquelles je ne me retrouve pas. Aujourd’hui, j’aimerais mettre mes acquis et mon expérience au service des autres." Souriant et motivé, le Finistérien ne manque pourtant pas d‘atouts : diplômé d’un brevet en agroécologie, il a également travaillé en restauration et a géré des équipes. "On rencontre beaucoup de monde via ce projet de partage, chacun apporte en fonction de ses compétences et ça nous est bénéfique", s’exclame Yves.
Lisa Le Run regre...
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