Au 61ème jour de l'invasion russe en Ukraine, des responsables polonais et bulgares ont déclaré ce mardi que la Russie allait suspendre ses exportations de gaz naturel vers ces deux pays à partir de mercredi. Une première en Europe, où près de la moitié - 45% pour les pays de l'Union européenne en 2021 - du gaz naturel utilisé pour le chauffage, la production d'électricité ou l'industrie est importé de Russie.
Malgré l'éclatement de la guerre et les sanctions historiques adoptées par les alliés européens, les livraisons d'hydrocarbures n'avaient pas été entravées jusqu'à présent. Le mois dernier, le président russe Vladimir Poutine avait sommé les acheteurs étrangers "inamicaux" de payer la société d'État Gazprom en roubles, et non en euros ou en dollars comme d'ordinaire. Si la Pologne et la Bulgarie sont les premiers pays à se voir couper les vannes, ces deux membres de l'Otan et de l'Union européenne se disent toutefois préparés à diversifier leurs approvisionnements.
Réunion de l'Otan en Allemagne. Les Etats-Unis et leur alliés ont décidé de se réunir désormais tous les mois pour examiner comment renforcer les capacités militaires de l'Ukraine face à la Russie. "L'Ukraine croit clairement qu'elle peut gagner et c'est aussi le cas de tout le monde ici", a déclaré le secrétaire américain à la défense Lloyd Austin à l'ouverture d'une rencontre avec une quarantaine de pays sur la base aérienne américaine de Ramstein, dans l'ouest de l'Allemagne, organisée afin d'accélérer les livraisons d'équipements militaires que l'Ukraine réclame pour repousser l'invasion russe.
Des livraisons d'armes offensives. Après avoir initialement rechigné à fournir des armes offensives à l'Ukraine, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France et la République tchèque ont sauté le pas. Même l'Allemagne, particulièrement réticente, a annoncé mardi qu'elle allait autoriser la livraison de chars de type "Guepard". Les Pays-Bas ont de leur côté déclaré qu'ils allaient fournir des obusiers blindés de type Panzerhaubitze 2000 à Kiev. La formation à ce matériel sera effectuée par l'armée allemande.
Des annonces accueilli chaleureusement par Kiev. S'exprimant sur Facebook, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, a déclaré : "Je peux dire quelque chose : l'armée ukrainienne aura de quoi se battre (...) Nous sommes entrés dans une nouvelle phase, à laquelle personne n'aurait pensé il y a deux mois. Le transfert aux forces armées ukrainiennes d'armes de l'Otan, aux standards de l'Otan. C'est en cours".
Moscou cible les chemins de fer. Les forces russes bombardent ponts et voies ferrées pour ralentir les livraisons d'armes occidentales à l'Ukraine, a indiqué mardi un conseiller du ministre de l'intérieur ukrainien, après la destruction d'une voie stratégique reliant le pays à la Roumanie.
Appel au calme en Moldavie. L'inquiétude monte en Moldavie, au sud de l'Ukraine, après une série d'explosions ressenties lundi et mardi dans la région séparatiste de Transdniestrie, soutenue par Moscou. "Nous appelons nos concitoyens à rester calmes, a déclaré la présidente du pays Maïa Sandu après avoir réuni son conseil de sécurité nationale, Il s'agit d'une tentative d'accroître les tensions." Un général russe, Roustam Minnekaïev, avait dit la semaine dernière que la prise du sud de l'Ukraine permettrait aux Russes d'avoir un accès direct à cette région.
Azovstal toujours pilonnée. La situation semblait mardi toujours bloquée à Marioupol, ville martyre à la pointe sud du Donbass presque entièrement contrôlée par les Russes. Les forces de Moscou continuent d'y pilonner le vaste complexe métallurgique Azovstal, où son...
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