Jean-Luc Mélenchon qui appelle à se faire "élire Premier ministre", Éric Zemmour qui tend la main à Marine Le Pen pour une "coalition des patriotes", Emmanuel Macron qui prône "le bon sens" pour obtenir sa majorité... Le scrutin présidentiel est à peine passé que tous les regards sont déjà tournés vers les élections législatives. En juin, les Français éliront, dans les 577 circonscriptions du territoire, leurs députés pour les cinq prochaines années.
Le principe du scrutin est aussi simple que contesté. Le 12 juin, lors du premier tour, dans chaque circonscription, tous les candidats recueillant au moins 12,5% des voix des inscrits se qualifieront pour le deuxième tour (ou, à défaut, les deux premiers). Une semaine plus tard, le candidat enregistrant le plus de voix sera élu député. Soit 577 élus au total. Si une formation politique réussit à envoyer 289 députés (ou plus) au palais Bourbon, elle recueille la majorité. Le président de la République nomme alors un Premier ministre issu du mouvement le plus représenté.
Mais depuis que le calendrier électoral prévoit les législatives quelques semaines après la présidentielle, ce scrutin réserve peu de surprises. 2002, 2007, 2012, 2017... À chaque fois, le président nouvellement élu recueille la majorité à l'Assemblée et le score ne reflète pas les tendances nationales. Lors de la dernière mandature par exemple, le Rassemblement national (à l'époque Front national), pourtant boosté par la qualification de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle 2017 et dix millions de voix, n'était parvenu à faire élire que huit députés. Insuffisant pour former un groupe parlementaire.
Toujours en 2017, Jean-Luc Mélenchon avait de son côté enregistré près de 20% des suffrages lors du premier tour de la présidentielle. Mais seuls 17 représentants de La France insoumise siègent à l'Assemblée nationale, soit moins de 3% de la chambre. À l'inverse, si Emmanuel Macron avait terminé en tête du premier tour avec 24,01% des voix, les députés de la majorité au sens large représentent près des deux tiers du palais Bourbon, lui permettant de légiférer sans avoir à trouver des compromis avec les oppositions.
Une représentativité en question, à laquelle le président sortant a tenté de répondre dès 2017. Lors de sa campagne pour sa première élection, il promettait d'instaurer "une dose de proportionnelle" à l'Assemblée nationale. Une manière pour lui d'apporter un nouveau souffle dans les institutions, et de mieux représenter les forces politiques du pays. Mais la réforme constitutionnelle n'a jamais pu aboutir, faute d'accord avec le Sénat.
Ces dernières semaines, le président réélu a même été plus loin, se disant favorable à la proportionnelle intégrale. Sans en faire une promesse de campagne. Son adversaire au second tour, Marine Le Pen, y était également favorable, ajoutant une prime pour le parti vainqueur de l'élection. La convention transpartisane promise par Emmanuel Macron, qui doit travailler sur la modernisation des institutions, devrait sans nul doute se pencher sur la question.
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