Deux mois tout pile après le début de l'invasion russe sur l'Ukraine, un conseiller du président ukrainien, Oleksiï Arestovitch, a proposé une "session spéciale" de négociations avec les représentants russes autour du site d'Azovstal. Cette gigantesque manufacture métallurgique est l'ultime poche de résistance des combattants ukrainiens, enfermés dans les sous-sols de l'usine avec un millier de civils et cernés par les Russes depuis le mois de mars.
Dans une vidéo publiée dimanche soir, le conseiller a suggéré que ce round de pourparlers se tiennent dans la ville même de Marioupol afin de s'accorder autour d'un cessez-le-feu. Le Kremlin n'aurait pas encore répondu à cette main tendue. Kiev a par ailleurs proposé de "prendre ou échanger" des soldats avec Moscou, proposition jusqu'ici ignorée par la Russie.
De nouveaux couloirs humanitaires nécessaires. Les Nations unies ont appelé ce dimanche à une trêve immédiate sur ce port stratégique de la mer d'Azov, afin de permettre l'évacuation des quelque 100 000 civils encore coincés dans la ville en ruine, assiégée depuis le début du mois de mars. "Ils doivent être autorisés à évacuer maintenant, aujourd'hui. Demain ce sera trop tard", selon le coordinateur de l'ONU en Ukraine, Amin Awad. Selon Vadym Boychenko, maire de Marioupol, plus de 20 000 civils seraient déjà morts sous le feu des bombardements et des combats.
"Chaque jour, chaque heure qui passe a un coût humain terrible", a déploré le Comité international de la Croix-Rouge, réclamant urgemment "le passage volontaire et en sécurité de milliers de civils et de centaines de blessés hors de la ville, y compris dans la zone de l'usine Azovstal". Les dernières lignes de défense de l'armée de Kiev seraient "sur le point de s'effondrer" a d'ailleurs précisé Oleksiï Arestovitch, selon qui les soldats russes s'apprêtent à "terminer" les combattants ukrainiens.
La fête de Pâques sans trêve. Dimanche, l'Ukraine fêtait tant bien que mal la Pâques orthodoxe, assombrie par la poursuite des combats, malgré des appels à une trêve, y compris du pape François. "Sauvez tous les Ukrainiens!" a lancé Volodymyr Zelensky dans un message à ses concitoyens. Il en a appelé au jugement de Dieu, énumérant une longue liste de localités, dont Boutcha, Irpin et Borodianka, où Kiev accuse les Russes d'avoir commis des atrocités contre des civils.
Pression maximale sur Kharkiv. Selon l'état-major ukrainien, la ville de Kharkiv, deuxième ville du pays, à l'est, reste "partiellement bloquée" par les forces russes qui continuent de bombarder. Une femme y a été tuée et un homme blessé dimanche, selon les autorités ukrainiennes.
Trois fronts principaux à l'est. Dans le bassin du Donbass, à l'est, devenu l'objectif prioritaire de Moscou, les troupes russes ont "intensifié leurs offensives" dans trois directions, selon l'état-major ukrainien : Severodonetsk, capitale de facto de la région de Lougansk sous contrôle ukrainien, Popasna, une cinquantaine de kilomètres plus au sud, et Kourakhikva, proche de Donetsk.
Des dizaines de milliers de civils restaient dans la région malgré les bombardements constants, selon le gouverneur de Lougansk, Sergiy Gaiday. "Malheureusement, il y a essentiellement des vieilles personnes qui estiment que comme elles sont nées ici, elles doivent mourir ici", a-t-il ajouté. Et dans la région de Donetsk, cinq civils ont été tués et cinq blessés dimanche, a écrit le gouverneur Pavlo Kyrylenko sur Telegram.
Des hauts responsables américains en visite auprès de Zelensky. Les numéros 3 et 4 de l'administration américaine étaient à Kiev dimanche soir pour rencontrer le président Volodymyr Zelensky. Un symbole f...
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