Au terme de plusieurs semaines de campagne, c'est finalement le président-candidat Emmanuel Macron qui a été reconduit à la tête de l'État. Le candidat marcheur l'a emporté contre son adversaire Marine Le Pen, avec 58% des suffrages contre 42% pour la candidate du Rassemblement national, selon les premières estimations. À compter de cette victoire, comme va se dérouler désormais son investiture ?
Après l'élection, "il ne va pas se passer grand-chose", prévient auprès de l'AFP le constitutionnaliste Jean-Philippe Derosier, professeur de droit public à l'université de Lille. Mercredi 27 avril, les résultats de l’élection seront proclamés officiellement par le Président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius. Ensuite, la date limite pour la passation de pouvoir, symbolisée par une cérémonie d'investiture, est fixée au 14 mai, comme l'indiquait il y a quelques jours le porte-parole du gouvernement. Le premier mandat du président expirera la veille, le 13 mai.
Cette investiture est une obligation institutionnelle dont le président réélu peut choisir la date exacte. Selon son entourage, au vu du contexte international, il pourrait préférer être réinvesti avant le 9 mai, date du "jour de la victoire" de la Seconde guerre mondiale en Russie, commémoration que Vladimir Poutine pourrait vouloir marquer par une offensive d'ampleur en Ukraine. Mais ces indications ont été transmises avant le scrutin. L'équipe d'Emmanuel Macron précisait que ces dates n'étaient pas encore fixées et dépendaient de l'écart dont il allait disposer ce dimanche. S'il est serré, la pression sera plus forte pour agir plus vite et lancer "un message d'unité", estime-t-on de même source.
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De manière générale, en cas de réélection du chef de l'État, "la cérémonie d'investiture est réduite au minimum", précise le Conseil constitutionnel sur son site. Avant d'ajouter qu'il "fixe lui-même la date de l'entrée en fonction, qui se déduit mécaniquement, jour pour jour, de l'expiration du précédent mandat".
Sur le principe, exit donc le protocole traditionnel lors d'une passation de pouvoirs, lorsque le président en exercice laisse sa place au gagnant ou à la gagnante de l'élection présidentielle. Aucune règle n'est fixée par la Constitution, mais il prévoyait plusieurs étapes millimétrées. Le président sortant devait accueillir son ou sa successeur sur le perron de l'Élysée, puis s'entretenir avec lui ou elle à huis clos pour lui transmettre des secrets d'État, dont les codes de l'arme nucléaire. Le nouveau chef de l'État recevait aussi des mains du grand chancelier de la Légion d'Honneur les insignes de Grand-croix de la Légion d'Honneur, et donnait une allocution.
Même si les festivités seront sûrement revues à la baisse, cette cérémonie se déroulera tout de même comme prévu dans la salle des fêtes de l’Élysée, où a lieu à nouveau la proclamation des résultats de l'élection par le président du Conseil constitutionnel. Emmanuel Macron signera ensuite le procès-verbal. Il aura la possibilité de nommer son Premier ministre sans attendre la cérémonie ni la proclamation des résultats, mais pourra aussi prendre sa décision quelques jours plus tard.
En 2002, lors de la réélection de Jacques Chirac, une cérémonie d'investiture s'était tenue à l'Élysée le 16 mai, mais elle s'était déroulée rapidement. L'ancien président y avait reçu des honneurs militaires et prononcé une allocution, à laquelle avaient assisté entre autres le Premier ministre, les présidents de l...
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