Pour ceux qui la relayent, cette information est une nouvelle preuve qu’il ne fait pas bon d’être vacciné contre le Covid. Aux États-Unis, la Croix Rouge refuserait de prendre le plasma sanguin des personnes vaccinées, afin qu’il bénéficie à des patients immunodéprimés ayant peu d’anticorps.
D’après un site appelé Valiant News, l’association ne collecte pas le sang des vaccinés pour les traitements dits de "plasma convalescent", bien que la Food and Drug Administration (FDA) le recommande.
Aussitôt, l'information a été reprise par des titres peu connus de la presse américaine, ainsi que par des blogs français à tendance complotiste. "Il est intéressant de noter que la Croix Rouge américaine ne process que le sang d’individus NON INJECTÉS (guéris du covid) pour une utilisation en plasma convalescent sur des patients immunodéprimés atteints du virus et PAS LE SANG D’INJECTÉS", a aussi commenté Alexandra Henrion-Caude, ancienne chercheuse à l’Inserm devenue célèbre dans le cercle des antivax. Sur Twitter, certains internautes y voient même "un nouveau scandale de sang contaminé".
En réalité, avant que Valiant News ne publie un article, un témoignage s’est emparé du sujet. Le 19 avril, Jennifer Sey, une ancienne gymnaste américaine, a raconté sur Twitter : "Mon mari a donné son sang aujourd'hui. Ils ne testent les anticorps que sur les non-vax et s'ils en ont, ils utilisent leur sang comme traitement pour ceux qui risquent d'avoir des résultats négatifs. Pourquoi ne peuvent-ils pas utiliser le sang des vaccinés qui ont aussi eu le Covid ? Vraie question pour les médecins. Quel est le problème avec le sang des vax ?".
Ici, Jennifer Sey parle d’"anticorps", de "traitements" : elle désigne en réalité la transfusion de "plasma de convalescent". Testé dès le début de la pandémie, ce traitement consiste à transfuser les anticorps - présents dans le plasma, la partie liquide du sang - de personnes guéries du Covid à des personnes malades et susceptibles de développer des formes graves. Des patients immunodéprimés, par exemple.
Si les résultats des différents essais cliniques ne se sont pas montrés concluants sur les patients déjà hospitalisés, cette approche thérapeutique est toutefois tolérée aux États-Unis et pourrait se révéler efficace sur les patients immunodéprimés. Dans cette optique, et au vu des besoins des hôpitaux, la FDA a revu ses directives : après avoir circonscrit les dons aux seuls guéris du Covid, l’agence américaine a autorisé en janvier que les vaccinés puissent donner leur plasma de convalescent. Seule condition : que le donneur possède suffisamment d’anticorps. En effet, la FDA estime que la transfusion de plasma contenant une faible quantité d’anticorps "ne s'est pas avérée utile" dans la lutte contre les formes graves.