Dès le coup d'envoi de la période de réserve avant les premier et second tours du scrutin présidentiel, le vendredi à minuit, impossible pour les candidats et leurs soutiens de distribuer des tracts et organiser des réunions publiques jusqu'à l'annonce des résultats, dimanche à partir de 20h. Interdit également de diffuser des sondages durant cette période, au risque de recevoir une amende de 75.000 euros. Mais l'interdiction vaut aussi en ligne : tout message destiné à promouvoir la candidature de l'un ou l'autre des prétendants à l'Élysée est prohibé, pour éviter d'influencer les électeurs.
L'article L49 du code électoral précise en effet qu'il est interdit de "diffuser ou faire diffuser par tout moyen de communication au public par voie électronique tout message ayant le caractère de propagande électorale". Les internautes qui vanteraient l'un des finalistes avant la promulgation des résultats du scrutin encourraient une amende de 3750 euros. À une nuance près : les publications dans des groupes privés, avec peu d'écho, ne risquent guère d'être épinglées. Les influenceurs et les vidéastes qui disposent d'une large communauté doivent en revanche se montrer bien plus vigilants, notamment sur YouTube.
Jeudi, le compte Twitter officiel de la plateforme vidéo, destiné aux créateurs des vidéos qu'elle héberge, a rappelé la bonne conduite à suivre quant aux contenus liés au scrutin. "Du vendredi 22 à minuit, au dimanche 24 à 20 h, le code électoral impose une période 'de réserve' qui permet de laisser un temps de réflexion aux électeurs", a écrit l'entreprise.
Ce rappel n'est pas anodin. Le 9 avril dernier, à la veille du premier tour, le vidéaste Norman Thavaud avait diffusé sur sa chaîne "Norman fait des vidéos" une vidéo sur Marine Le Pen, malgré la période de réserve en cours. Il y critiquait le programme de la candidate du Rassemblement National et s'inquiétait de son ascension dans les sondages. Contacté par YouTube et par l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom, ex-CSA), le troisième YouTuber de France, aux 12 millions d'abonnés, avait été contraint de retirer sa vidéo.
Dans une story publiée sur son compte Instagram, il expliquait avoir eu connaissance de l'existence de cette période, mais ne pas se douter que ces règles s'appliquaient aussi à lui, "qui fait des vidéos sur YouTube". Norman Thavaud avait alors passé sa vidéo en mode privé et avait prévu de la "remettre en ligne un peu plus tard, quand le premier tour sera passé". Pour l'heure, elle ne figure pas sur sa chaîne.
Malgré la mise en garde de YouTube, lorsque l'on lance une recherche sur les élections présidentielles sur la plateforme, des dizaines de vidéos publiées dans les dernières heures sont pourtant proposées....
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