Après le scandale visant le gestionnaire d'Ehpad privés Orpea, c'est désormais le groupe Bridge qui est mis en cause. Dégradation des conditions de vie des résidents, manque de personnel, manque de soins... Ces dysfonctionnements ne sont pas sans rappeler ceux du groupe Orpea, révélés par le journaliste Victor Castanet dans son ouvrage Les Fossoyeurs, le 26 janvier dernier.
Alors que la publication de ce livre avait provoqué un tsunami politique et médiatique, une enquête menée par la cellule investigation de Radio France vient mettre en lumière des défaillances au sein des Ehpad du groupe Bridge, vendredi 22 avril.
De nombreux témoignages accablent l'Ehpad des Fontaines, situé à Horbourg-Wihr, près de Colmar (Haut-Rhin). L'établissement de 84 places avait bonne réputation jusqu'à son rachat par le groupe Bridge en décembre dernier. Depuis, de nombreuses familles de résidents ont dénoncé les conditions de vie auprès du Conseil de vie sociale de l'établissement, une instance qui permet de faire le lien entre les résidents et la direction.
André Schmidt, le président de l'Ehpad, inquiet par la multiplication des témoignages, a lancé l'alerte auprès de l'Agence régionale de santé (ARS) du Grand Est. De son côté, l'ARS a indiqué à Radio France avoir conscience du "climat social dégradé" et des "des difficultés de ressources humaines".
Selon des échanges de mails dont Radio France a eu connaissance en janvier 2022, la directrice de l'époque a été contrainte de supprimer huit postes à temps plein. Après avoir refusé de le faire, elle a été licenciée pour insubordination. Selon une aide-soignante, à cause de la dégradation des conditions de travail et de nombreux départs volontaires ou contraints, l'Ehpad est en sous-effectif.
En France, d'autres établissements du groupe Bridge sont aussi dans le collimateur des Agences régionales de Santé. Les ARS d'Île-de-France, de Normandie et du Centre-Val de Loire ont également reçu des signalements.
Une ancienne responsable d’un Ehpad du groupe Bridge, dénonce aussi une "mauvaise prise en charge des résidents". Après avoir quitté le groupe en automne dernier, elle a signalé de nombreux dysfonctionnements dans son établissement, dont des chambres qui n'étaient plus chauffées pendant deux ans.
Selon un document que s'est procurée Radio France, 19 établissements sur les 34 du groupe sont concernés par la surcapacité.
Orpea avait également été accusé d'accueillir trop de résidents par rapport au nombre de places disponibles. Le 5 avril dernier, le gouvernement avait publié le rapport de son enquête confirmant de graves dysfonctionnements au sein du groupe.
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