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Retraites : "Avec Emmanuel Macron, les Français vont en prendre pour perpète", étrille Marine Le Pen
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22/04
La proposition de réforme des retraites d'Emmanuel Macron est "une profonde injustice sociale pour les Français", a fustigé la candidate d'extrême droite Marine Le Pen ce vendredi 22 avril, en déplacement à Etaples (Pas-de-Calais).
En déplacement à Etaples (Pas-de-Calais), Marine Le Pen a de nouveau fustigé la proposition de réforme des retraites d'Emmanuel Macron et regretté "une promesse mensongère" : "Contrairement à ce qu'il avait promis, il n'y aura pas, s'il est réélu, de référendum sur la retraite", a-t-elle déploré.
"Il a surtout confirmé que la retraite à 65 ans obligerait un jeune de 20 ans à travailler durant 45 ans pour pouvoir obtenir une retraite pleine. Les Français avec Emmanuel Macron vont donc en prendre pour perpète' !", a ajouté Marine Le Pen. "Cette réforme d'Emmanuel Macron est une profonde injustice sociale pour les Français, d'autant que si l'on tient compte du dispositif actuel des carrières longues qui ne peuvent être obtenus que si l'on travaille deux trimestres avant 18 ans, un jeune qui entrera sur le marché du travail à 18 ans devra donc travailler 47 ans avant de pouvoir toucher une retraite pleine", a ajouté la candidate, qualifiant la réforme d'"absurdité économique." "Ce qu'il faut faire, c'est évidemment pousser les jeunes à entrer le plus tôt sur le marché du travail, et pas, bien entendu, les pousser à entrer le plus tard", a-t-elle résumé.
La candidate d'extrême droite répondait aux propos du président candidat sur le plateau de France Inter ce vendredi 22 avril. Il ne s'est en effet pas montré favorable à un référendum sur la réforme des retraites, s'il est réélu. "Je ne prendrai pas du tout d'engagements ici", a-t-il fait savoir, ajoutant que "le référendum est un instrument à la main du président de la République, c'est un instrument qui me semble important. Je pense que sur un sujet comme ça, c'est d'abord la concertation, la discussion et le respect de toutes les parties prenantes", a détaillé Emmanuel Macron.
Les deux candidats s'opposent sur l'âge de départ en retraite. Emmanuel Macron veut porter cet âge "en 2028 à 64 ans et en 2031 à 65 ans", sans que ce dernier objectif soit un dogme. Il défend aussi un dispositif de "pénibilité" et de "carrières longues" qui, en l'état, ne correspondrait pas aux interprétations de Marine Le Pen. Celle-ci assure qu'avec elle les salariés "partiront à la retraite entre 60 et 62 ans" et que "pour avoir une retraite pleine, il leur faudra entre 40 et 42 annuités", ce qui ne devrait pas décaler l'âge réel de départ pour une retraite à taux plein aujourd'hui entre 65 et 67 ans.
"Macron ou la France"
Après avoir arpenté sous le soleil les allées du marché, où elle a reçu de nombreuses marques de soutien et d'affection de la part d'habitants et de vacanciers mais aussi quelques quolibets, Marine Le Pen a, dans la lignée de son meeting à Arras la veille, vertement attaqué Emmanuel Macron, accusé de "brutaliser les millions d'électeurs qui votent pour moi". "Le choix est simple c’est Macron ou la France", a-t-elle mis en avant.
Lors d'un point-presse, la candidate du RN qui était accompagnée à Etaples du maire d'Hénin-Beaumont Steeve Briois et du député Bruno Bilde, a confié avoir le sentiment d'avoir réalisé "une très belle campagne, de proximité, de terrain".
Deux projets que tout oppose
Dimanche au second tour de la présidentielle, les Français sont appelés à départager deux projets et deux visions du monde que tout oppose. Comme en 2017, Emmanuel Macron part favori face à Marine Le Pen. Mais cette fois un séisme n'est pas à exclure. Est-ce le scrutin le plus décisif de la Ve République ? Au vu des derniers sondages, le président sortant, donné vainqueur dans une fourchette de 55,5 à 57,5%, est bien parti pour prolonger de cinq ans son bail à l'Elysée. Ce serait un exploit politique encore jamais réalisé, hors cohabitation, depuis l'adoption du vote au suffrage universel direct en 1962.
Mais si la France – et le monde – retient son souffle, c'est parce que l'enjeu colossal, inhérent à tout scrutin présidentiel, est encore exacerbé par la possibilité de voir l'extrême droite prendre le pouvoir. Et diriger une puissance mondiale, membre du conseil de sécurité de l'ONU, dotée de l'arme nucléaire. Le résultat est scruté de près à l'étranger. Les dirigeants allemand, espagnol et portugais ont appelé jeudi à choisir le "candidat démocrate". A Bruxelles et dans de nombreuses chancelleries, on est d'ores et déjà consterné de voir l'extrême droite, en comptant aussi Eric Zemmour, à un niveau aussi élevé en France.
"Rien n'est joué"
Emmanuel Macron avait promis, lors de son discours du Louvre en 2017, de "tout" faire pour que les électeurs "n'aient plus aucune raison de voter pour les extrêmes". Non seulement il a échoué mais le front républicain a perdu de sa vigueur. Malgré les tribunes et les appels du spectre politique traditionnel à faire barrage à l'extrême droite. Malgré les efforts de la macronie pour rediaboliser "la dame aux chats", qui a axé sa campagne sur le pouvoir d'achat plutôt que sur l'immigration ou l'insécurité.
Sacralisé il y a vingt ans face à Jean-Marie Le Pen, patriarche de l'extrême droite française, le front républicain est aujourd'hui concurrencé par un autre front, le "tout sauf Macron". Ecueil récurrent pour tous les sortants, il fonctionne particulièrement bien pour Emmanuel Macron, après un quinquennat émaillé de crises, des "gilets jaunes" au Covid-19. Selon une enquête du Cevipof, 38% des électeurs de Marine Le Pen la choisissent d'abord pour barrer la route à Emmanuel Macron. En faire un "ennemi commun" est tout l'enjeu pour la candidate du RN, résume le politologue Bruno Cautrès.
"Rien n'est joué", a insisté jeudi le président sortant, avec l'ambition de conjurer l'abstention qui, selon les experts, sera le grand arbitre du scrutin. Selon Martial Foucault (Cevipof), "plus l'abstention sera forte et plus l'écart des intentions de vote est amené à se réduire", pointant "un vrai risque pour Emmanuel Macron". Une abstention que pourrait encore favoriser le fait que les trois zones scolaires seront en congés de printemps dimanche.
La chasse aux électeurs de gauche
Dans l'entre-deux tours, les deux candidats sont donc partis à la chasse aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon, arrivé troisième au premier tour. Pour les attirer, Marine Le Pen a nuancé sa position sur le voile pendant qu'Emmanuel Macron a opéré un virage serré à gauche, promettant de faire de l'écologie l'alpha et omega de sa politique. Pour le reste, la campagne, longtemps occultée par la crise sanitaire puis la guerre en Ukraine, et le débat mercredi ont mis en exergue les divergences profondes entre les deux candidats.
Europe, économie, pouvoir d'achat, relations avec la Russie, retraites, immigration : Marine Le Pen et Emmanuel Macron ne sont d'accord sur à peu près rien. Et semblent incarner plus que jamais deux France. Avec d'un côté, ce que le politologue Jérôme Fourquet appelle "la France triple A, la France instagrammable, celle qui fait rêver tout le monde". Et de l'autre celle "de la relégation". Quel que soit le vainqueur, le résultat du scrutin risque de faire beaucoup de déçus.
Un troisième tour est prévu dans les urnes en juin, avec les législatives lors desquelles Jean-Luc Mélenchon veut imposer une cohabitation en devenant Premier ministre. L'objectif est ambitieux, mais obtenir une majorité pourrait être difficile pour Marine Le Pen comme pour Emmanuel Macron. Un autre troisième tour se prépare, dans la rue cette fois, où risquent de converger tous les insatisfaits sur les braises encore chaudes de la crise des "gilets jaunes".
Orange avec Media Services, publié le vendredi 22 avril 2022 à 13h06
La proposition de réforme des retraites d'Emmanuel Macron est "une profonde injustice sociale pour les Français", a fustigé la candidate d'extrême droite Marine Le Pen ce vendredi 22 avril, en déplacement à Etaples (Pas-de-Calais). En déplacement à Etaples (Pas-de-Calais), Marine Le Pen a de nouveau fustigé la proposition de réforme des retraites d'Emmanuel Macron et regretté "une promesse mensongère" : "Contrairement à ce qu'il avait promis, il n'y aura pas, s'il est réélu, de référendum sur la retraite", a-t-elle déploré.
"Il a surtout confirmé que la retraite à 65 ans obligerait un jeune de 20 ans à travailler durant 45 ans pour pouvoir obtenir une retraite pleine. Les Français avec Emmanuel Macron vont donc en prendre pour perpète' !", a ajouté Marine Le Pen.
"Cette réforme d'Emmanuel Macron est une profonde injustice sociale pour les Français, d'autant que si l'on tient compte du dispositif actuel des carrières longue... [Courte citation de 8% de l'article original]
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