En France, les logements émettent environ 90 tonnes d’équivalent dioxyde de carbone (CO2) par an. Avec une production de 20 % des gaz à effet de serre du pays, il s’agit du deuxième secteur le plus polluant derrière les transports. Chauffer, rafraîchir, aérer, alimenter en électricité, etc., demandent une mobilisation énergétique de tous les instants. En cas de fortes tensions sur les réseaux électriques, le gestionnaire de distribution demande d’ailleurs aux utilisateurs privés de diminuer temporairement leur consommation. Nos appareils connectés, le télétravail, nos divertissements tendent davantage les réseaux dont certains peuvent se retrouver en surtension (notamment en Bretagne ou en Provence-Alpes-Côte d’Azur).
En Haute-Normandie, la métropole de Rouen a pris conscience de ce problème au début des années 2010. La collectivité locale, forte de 500 000 habitants, a décidé de se doter d’un siège innovant capable de produire l’énergie qu’il consomme. Les élus ont chargé l’architecte Jacques Ferrier de faire du hangar 108 un bâtiment à énergie positive. Quai Jean de Béthencourt, sur la rive gauche entre le hangar 106 des musiques actuelles et le pont Flaubert, les Rouennais voient se dresser un immeuble aux couleurs douces, inspiré par les tableaux de l’impressionniste Claude Monet. Ses panneaux solaires, inclinés en trompe l’œil, font penser aux ailes d’un oiseau à l’envol sans dénaturer les anciennes activités fluviales. La métropole fait de ce lieu un instrument de reconquête urbaine incarnant ce nouvel écoquartier exemplaire de Flaubert.
Nicolas Rouly, Vice-président de la Métropole Rouen Normandie en charge des Finances, des Ressources et de l’Administration générale se réjouit : "Il s’agit de transformer ces 90 hectares de friche industrielle et portuaire en un véritable lieu de vie écologique et responsable." Le siège, inauguré en 2019, incarne cette réhabilitation. Après presque 4 ans de fonctionnement, les 350 employés de la métropole semblent ravis.
Certifié BEPOS et Passivhaus PLUS, des normes particulièrement exigeantes, cette enceinte de 6 400 m² de surface utile reste le plus grand bâtiment public passif construit en France à ce jour. Édifié sur un ancien hangar du port de Rouen, le bâtiment utilise un maximum de ressources pour limiter ses émissions de gaz à effet de serre. Sur son toit, 2 000 m² de panneaux solaires photovoltaïques captent l’énergie des rayons du soleil et les transforment en électricité. Une GTB (Gestion Technique du bâtiment) régit le confort thermique : elle supervise toute l’année le chauffage et la climatisation des bureaux. Une pompe à chaleur sur sondes géothermiques puise de la chaleur l’hiver et rafraîchit les lieux l’été.
Avec fierté, Nicolas Rouly affirme que le bâtiment tient ses promesses : "Nous atteignons nos objectifs. Nous consommons presque 2 fois moins d’énergie qu’un bâtiment certifié RT2012. Si l’hiver nous tirons encore un peu sur le réseau, au printemps et l’été nous lui redistribuons le surplus d’énergie que nous produisons." Les ouvertures des fenêtres triple vitrage, motorisées et automatisées, gèrent les apports solaires passifs et l’arrivée d’air frais l’été. "Lorsqu’il fait lourd, elles s’ouvrent automatiquement pendant la nuit pour faire circuler de l’air plus frais. On ne mesure pas tous les enjeux, surtout lorsqu’on regarde le bâtiment de l’extérieur,...
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