Les images de ce massacre ont choqué le monde entier. Les corps de centaines de civils ont été exhumés dans des fosses communes à Boutcha, après le retrait des forces russes de cette localité située dans la banlieue de Kiev. Un "crime de guerre" que l’Ukraine attribue directement à la Russie, ce que Moscou réfute en bloc, malgré des images satellites remettant en cause sa version.
Pour tenter de faire la lumière sur ce massacre, l’ONG Human Rights Watch (HRW) a dépêché des chercheurs sur place, du 4 au 11 avril. Une enquête débutée quelques jours après le retrait des forces russes et dont l’association de défense des droits humains a publié les conclusions, ce jeudi. Selon HRW, les soldats de Moscou a ainsi "commis une litanie de crimes de guerre apparents lors de leur occupation de Boutcha, une ville située à environ 30 kilomètres au nord-ouest de la capitale ukrainienne, Kiev, entre le 4 et le 31 mars 2022".
Durant leurs investigations, les chercheurs de l’association ont recueilli "de nombreuses preuves d’exécutions sommaires, d’autres homicides illégaux, de disparitions forcées et d’actes de tortures", détaille HRW avant d’estimer que "tous ces actes sont susceptibles de constituer des crimes de guerre, voire d’éventuels crimes contre l’humanité" dans cette ville de 36.000 habitants. "Presque chaque coin de Boutcha est maintenant une scène de crime, donnant l’impression que la mort rôdait partout", détaille dans le rapport Richard Weir, chercheur auprès de la division Crises et conflits de Human Rights Watch. "Les preuves recueillies indiquent que les forces russes qui occupaient Boutcha affichaient un mépris et une indifférence à l’égard des vies civiles et des principes fondamentaux des lois de la guerre".
L’ONG est parvenue à documenter précisément 16 homicides de civils commis par des soldats russes, dont neuf exécutions et sept meurtres commis "de manière indiscriminée". Pour arriver à ces conclusions, HRW a mené des entretiens avec 37 habitants de Boutcha, dont 32 en personne et cinq par téléphone. L’association a également analysé des "preuves matérielles collectées dans la ville, des photographies et des vidéos originales fournies par des témoins et des victimes, ainsi que des images satellite".
Les 16 cas documentés par HRW ne représentent "qu’une fraction du nombre total d’incidents de crimes de guerre apparents commis à Boutcha par les forces russes pendant leur occupation de la ville", détaille l’association. En effet, le 15 avril dernier, le procureur régional de la ville, Ruslan Kravchenko, a déclaré que les corps de 278 personnes avaient été retrouvés dans la ville depuis le...
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