L'acteur et réalisateur Jacques Perrin est mort à 80 ans

Marie-Noëlle Tranchant - LE FIGARO - 21/04
DISPARITION - Homme de cinéma accompli et respecté, il avait durant sa longue carrière brillé autant derrière que devant la caméra.

Il est entré dans la carrière comme un jeune premier idéal, il en sort comme un commandant magnifique après avoir mené de hautes aventures et des courses lointaines sans jamais se départir de son charme limpide. Jacques Perrin est mort jeudi à Paris à l'âge de 80 ans. Rien ne l'a durci, racorni, désenchanté, en quelque soixante-dix ans d'équipées cinématographiques, comme acteur, producteur, réalisateur. Il connaissait le secret de la vie poétique : il a inventé un monde où l'action est la sœur du rêve.

Car c'était d'abord un rêveur, cet enfant qui buvait les poèmes dits par sa mère, la comédienne Marie Perrin, dont il prendra le nom. Avec elle, la vie modeste et le petit appartement s'élargissaient vers des rivages inconnus, se remplissaient d'ailleurs. « Cela remplaçait la télévision, que nous n'avions pas », se souvenait Jacques Perrin en souriant. Son père, Alexandre Simonet, était régisseur à la Comédie-Française, de sorte qu'il est né dans le monde du spectacle, le 13 juillet 1941. Il monte sur scène dès ses 14 ans, avant même d'entrer au Conservatoire, en même temps que sa sœur Eva. On le voit dans de petits rôles de théâtre et de cinéma, notamment dans Les Tricheurs, de Marcel Carné, succès de l'année 1959, et dans La Vérité, d'Henri-Georges Clouzot, en 1960. Mais c'est le cinéma italien qui lui offre, à 20 ans, son premier grand rôle, ...
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