Débat Macron-Le Pen : réformer les retraites, une mesure "absolument pas justifiée sur le plan budgétaire" ?

LCI - 21/04
[VIDÉO] - Nécessaire pour Emmanuel Macron, la réforme des retraites est jugée injustifiée par Marine Le Pen, qui en conteste la nécessité budgétaire. Lors du débat de l'entre-deux-tours, les deux candidats se sont à nouveau opposés sur la question.

Nécessaire pour Emmanuel Macron, la réforme des retraites est jugée injustifiée par Marine Le Pen, qui en conteste la nécessité budgétaire.

Lors du débat de l'entre-deux-tours, les deux candidats se sont à nouveau opposés sur la question.

Parmi les grands chantiers que souhaite mener à bien Emmanuel Macron lors d'un second mandat figure la réforme des retraites. Déjà initiée durant le quinquennat écoulé, finalement repoussée, elle a été défendue par le président-candidat durant le débat de l'entre-deux-tours mercredi soir. Il s'agit non seulement de rendre possible des "progrès qu'il faut financer", mais "avant même ces progrès, notre régime est déséquilibré", a lancé le chef de l'État. Un déséquilibre prévu "jusqu'au milieu des années 2030", a-t-il poursuivi.

À ce discours, Marine Le Pen a rétorqué qu'une telle réforme, prévoyant un report de l'âge légal de départ à la retraite, serait non seulement profondément injuste, mais aussi "absolument pas justifiée sur le plan budgétaire". Une divergence majeure qui tient surtout à la perspective temporelle dans laquelle se projettent les deux candidats.

Un déséquilibre observé actuellement

Créé en l'an 2000 et rattaché depuis à Matignon, le Conseil d'orientation des retraites (COR) est devenu l'institution de référence lorsque l'on se penche sur le système de retraite et sur son financement. Pour rappel, il est composé de parlementaires, de représentants de l'État, d'experts et de représentants des partenaires sociaux. Ses rapports, pour partie prospectifs, permettent d'orienter les politiques publiques.

Le 8e et dernier en date, présenté à l'été 2021, n'est autre que le document auquel font référence Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Pour autant, leur lecture des quelque 328 pages diffère. Le COR indique que pour 2020, "les ressources du système de retraite se sont élevées à 325 milliards d'euros", contre "339 milliards d'euros versés". Au total, le système a accusé une perte globale d'un peu plus de 13 milliards d'euros, soit "0,6% du PIB". Ce déficit était de 3,5 milliards d'euros en 2018.

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Emmanuel Macron a donc raison lorsqu'il évoque un "déséquilibre". De la même manière, il est juste de noter, comme le fait le chef de l'État, que ce décalage entre les recettes et les dépenses doit perdurer dans le temps. Le COR prévoit en effet, en fonction des différents scénarios proposés, un retour à l'équilibre d'ici environ 15 ans. Cela correspond à la période mentionnée mercredi soir lors du débat, à savoir le milieu des années 2030.

Un retour progressif à l'équilibre

Paradoxalement, on peut estimer que sur ce sujet, les deux candidats ont à la fois raison... Et tort. Si le système n'est pas à l'équilibre aujourd'hui, un problème majeur pour Emmanuel Macron, on note que le COR livre des prédictions assez optimistes pour le futur. "Les évolutions de la part des dépenses de retraite dans le PIB resteraient sur une trajectoire maîtrisée à l'horizon de la projection, c'est-à-dire 2070", peut-on notamment lire. De 14,7% pour 2020, la part des retraites dans le PIB doit chuter au fil des ans : "à l'horizon 2070", elle "baisserait progressivement et serait moins élevée qu'en 2019 dans tous les scénarios : elle varierait ainsi entre 11,3% et 13% du PIB à l'horizon de la projection".

Il faut ici insister sur le fait que le COR base ces projections sur plusieurs "scénarios de gains de productivité horaire du travail de long terme (scénario 1%, scénario 1,3%, scénario 1,5% et scénario 1,8%) associés à un taux de chômage stabilisé à 7% en 2032". Plusieurs conventions comptables sont également envisagées, liées au calcul des ressources. Une manière d'envisager un maximum de scénarios possible. Le Conseil se projette dans le futur en tenant compte des précédentes réformes votées, mais sans intégrer de potentielles révisions globales du système dans les décennies à venir. 

Quoi qu'il en soit, il ne fait aucun...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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