Wimbledon sans Russes ni Biélorusses : que va faire Roland-Garros ?

LCI - 21/04
[VIDÉO] - En riposte à l'invasion russe en Ukraine, Wimbledon a banni les Russes et Biélorusses de son édition 2022. Une exclusion temporaire qui interroge sur la position de Roland-Garros, dont le tournoi se tient fin mai. La levée française du Grand Chelem va leur permettre de jouer, à la seule condition de "neutralité".

En riposte à l'invasion russe en Ukraine, Wimbledon a banni les Russes et Biélorusses de son édition 2022.

Une exclusion temporaire qui interroge sur la position de Roland-Garros, dont le tournoi se tient fin mai.

La levée française du Grand Chelem va leur permettre de jouer, à la seule condition de "neutralité".

Y aura-t-il des Russes et des Biélorusses à Roland-Garros ? La question est plus que jamais dans l'air du temps, après la sanction historique du All England Club. Du 27 juin au 10 juillet prochains, les spectateurs de Wimbledon ne verront ni joueuses ni joueurs venant de ces deux pays sur le mythique gazon londonien. La directive, révélée par le New York Times, The Times et une large partie de la presse anglo-saxonne, a été actée, mercredi 20 avril, par les organisateurs du plus prestigieux tournoi du Grand Chelem. Une résolution prise en représailles à l'invasion russe en Ukraine, soutenue par la Biélorussie. 

"Dans les circonstances d'une agression militaire injustifiée et sans précédent, il serait inacceptable que le régime russe tire le moindre bénéfice de la participation de joueurs russes ou biélorusses", a justifié le All England Club dans un communiqué. Le Majeur londonien se passera ainsi de certaines de ses têtes d'affiches : comme Daniil Medvedev, numéro 2 mondial, et Andrey Rublev, l'un des rares sportifs russes à s'être positionné contre la guerre, chez les hommes ; ou Victoria Azarenka, ex-numéro 1 mondiale, et Aryna Sabalenka, numéro 4 mondiale et demi-finaliste à Wimbledon l'an passé, chez les femmes.

Ils sont les bienvenus "pour l'instant"

Qu'en sera-t-il des autres levées du Grand Chelem, Roland-Garros au premier chef ? S'ils ne pourront défendre leurs chances à Londres, et probablement sur tous les principaux tournois de préparation, tels que le Queen's et Eastbourne, il n'est pas prévu qu'il en soit de même ailleurs. Les Russes et Biélorusses ne devraient pas se voir claquer la porte (d'Auteuil) au nez. La Fédération française de tennis (FFT), organisatrice des Internationaux de France, a fait savoir, le 16 mars dernier, qu'elle envisageait "pour l'instant" de les autoriser à participer au tournoi sur terre battue, programmé du 22 mai au 5 juin. 

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Un "manque de courage" déploré par l'ancien tennisman ukrainien, Alexandr Dolgopolov. "Ils ne veulent pas assumer d'éventuelles conséquences", a jugé, le 21 mars sur RTL, l'ex-numéro 13 mondial, rentré dans son pays, où il a échangé sa raquette contre une arme pour défendre l'Ukraine contre l'envahisseur russe. "S'inquiéter pour Roland-Garros aujourd'hui, c'est une blague, ce n'est pas plus important que la vie de milliers d'innocents. Le tennis a une posture très, très lâche."

"On ne bannit un athlète individuel que s'il a été sélectionné par son pays", a rappelé la directrice générale de la FFT, Amélie Oudéa-Castéra, précisant qu'il ne sera pas non plus demandé aux joueurs concernés de s'opposer publiquement aux présidents russe et biélorusse, Vladimir Poutine et Alexandre Loukachenko, pour être autorisés à jouer sur les courts parisiens. "À ce stade, nous n'avons pas l'intention d'entrer dans le détail des situations personnelles individuelles, dont on sait en plus qu'elles peuvent être extraordinairement dépendantes des situations familiales vécues par les uns et les autres." Russes et Biélorusses devront, en revanche, respecter le principe de "stricte neutralité". Pas des plus contraignants au tennis.

Yohan ROBLIN

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