Débat du second tour : dette, industrie, école... Qui a dit vrai entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen ?

LCI - 21/04
[VIDÉO] - Tant dans leurs programmes que dans leurs analyses, Emmanuel Macron et Marine Le Pen affichent des divergences. Lors du débat de l'entre-deux-tours, les deux candidats se sont opposés sur des sujets de fond à plusieurs reprises. Dette, éducation ou encore réforme de la Constitution, l'équipe des Vérificateurs a passé au crible leurs déclarations.

Tant dans leurs programmes que dans leurs analyses, Emmanuel Macron et Marine Le Pen affichent des divergences.

Lors du débat de l'entre-deux-tours, les deux candidats se sont opposés sur des sujets de fond à plusieurs reprises.

Dette, éducation ou encore réforme de la Constitution, l'équipe des Vérificateurs a passé au crible leurs déclarations.

Lorsque les échanges s'accélèrent et que les points de vue s'opposent, il est souvent difficile de savoir qui dit vrai. Lors du débat entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, plusieurs sujets ont donné lieu à des accrochages. Les deux candidats se sont opposés, réfutant tour à tour les arguments du camp opposé. Les Vérificateurs ont suivi avec attention ces passes d'armes et vous proposent de faire le point sur les arguments des deux candidats.

Une opposition frontale sur la dette publique

Finalement, Emmanuel Macron ne mériterait pas son titre de "Mozart de la finance". Ironisant sur le surnom que certains avaient donné au président de la République au début de son mandat, Marine Le Pen a notamment taclé son "bilan économique" qu’elle a jugé "très mauvais". Pour preuve, la dette française laissée par le président sortant. Elle l’a accusé de laisser "600 milliards d'euros de dette". 

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De fait, selon les chiffres de l'Insee, la dette publique s'élevait à 2.218,4 milliards d'euros fin 2017, contre 2.834,3 milliards d'euros au troisième trimestre 2021. Soit une hausse de 616 milliards d'euros en quatre ans. Une ardoise que le principal concerné "assume", arguant plusieurs fois qu’elle a servi à défendre le "quoi qu’il en coûte" pour préserver l'économie et l'emploi face à la pandémie. Un argument vite trouvé pour la candidate du Rassemblement national, soulignant que "deux tiers" de cette somme "n'ont rien à voir avec le Covid-19". Là aussi, la candidate est dans le vrai. La Cour des Comptes a effectivement évalué la "dette covid" de l'État à 165 milliards d'euros sur les 600 milliards. Soit près d’un tiers. 

Près de 15.000 emplois perdus dans l'industrie ?

Autre sujet de divergence entre les deux adversaires : l’industrie. Car pour la candidate du RN, son adversaire "ubérise" l’économie, quand il faudrait plutôt "faire des efforts sur l'industrie". Une critique qu’Emmanuel Macron a rejetée. "Vous avez perdu 14.500 emplois industriels sous le quinquennat", lui a-t-elle lancé. Ce à quoi le principal intéressé a répondu : "C’est faux, regardez les chiffres de l’Insee". 

C’est effectivement vers les données de l’institut chargé de la statistique qu’il faut se tourner. Et ces derniers contredisent les propos de la candidate du RN. La France, à l'arrivée au pouvoir du chef de l'État, comptait en effet 3.135.200 emplois salariés dans le secteur de l'industrie. Au 4e trimestre 2021, période la plus récente pour laquelle nous disposons de données, ce total a légèrement baissé pour atteindre 3.131.300 emplois salariés. La diminution n'est donc pas de 14.500 emplois, mais de 3.900.

Plus de classes fermées sans l'accord du maire ?

"J'ai mis fin à la fermeture des classes, sans l'accord du maire", a assuré Emmanuel Macron, faisant allusion à sa promesse faite aux maires ruraux en 2019. Une affirmation qui a provoqué une passe d’armes entre les deux candidats : "Ce n'est pas vrai, vous savez très bien que des classes ont continué à fermer, des écoles ont continué à fermer, vous le savez très bien", a accusé Marine Le Pen, en évoquant ces "millions de gens qui nous écoutent, qui savent qu'il y a une classe qui a fermé, dans l'école de leur petite ville ou de leur ville moyenne." "À chaque fois, il y a eu une consultation du maire, ce qui n'était jamais le cas avant et ça, c'est depuis 2019", a rétorqué à son tour Emmanuel Macron.

Alors, qui dit vrai ? En conclusion du Grand Débat, Emmanuel Macron s’était engagé devant les maires ruraux à ne plus fermer d’écoles rurales contre l’avis du maire concerné. Une promesse qui avait été cependant nuancée par Jean-Michel Blanquer, fin avril 2019. "Il n’y aura plus d’école qui ferme sans l’avis favorable du maire", avait alors confirmé le ministre de l’Éducation nationale, tout en nuançant que des classes pourraient contin...
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