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Comment Macron et Le Pen ont revu leur programme après le premier tour
Orange avec Media Services, - Orange -
20/04
Si le président-candidat assure qu'il est prêt à faire des concessions sur la réforme des retraites et l'âge de départ et faire plus pour l'écologie afin de convaincre les électeurs de gauche, la candidate du Rassemblement national estime que l'interdiction du port du voile dans la rue "n'est plus la priorité".
Retraites et écologie pour Emmanuel Macron, voile et peine de mort pour Marine Le Pen : les deux finalistes de la présidentielle ont infléchi leurs programmes respectifs entre les deux tours. On fait le point.*
Marine Le Pen
Après avoir édulcoré plusieurs aspects de son programme par rapport à 2017, comme sur l'euro, la dette ou la double nationalité, la candidate du RN entre les deux tours est revenue sur deux mesures phares de son programme : l'interdiction du voile dans la rue, qu'elle considère comme un "uniforme" islamiste, et un référendum sur la peine de mort.
Après avoir été interpellée par une femme âgée voilée dans le Vaucluse, la députée du Pas-de-Calais a admis samedi 16 avril en Eure-et-Loir que le voile posait des "problèmes complexes" et qu'elle n'était "pas obtuse", promettant que sa mesure controversée serait débattue à l'Assemblée nationale. Marine Le Pen propose d'interdire "les signes ou tenues constituant par eux-mêmes une affirmation sans équivoque et ostentatoire des idéologies" islamistes, selon l'article 10 d'un texte de loi visant à "combattre les idéologies islamistes" dans toutes les sphères de la société. La candidate a fait la distinction entre les "femmes âgées qui le mettent parce que ça correspond pour elles à un moment de leur vie" et les "jeunes femmes" qui "si elles ne le mettent pas", "sont menacées, (...) isolées" et "suspectées et ça c'est quelque chose d'insupportable". Ce n'est plus une priorité, ont ensuite expliqué ses lieutenants dimanche.
Marine Le Pen a par ailleurs renoncé également à l'idée de soumettre à un référendum le rétablissement de la peine de mort, que son adversaire Emmanuel Macron ne juge "pas conforme à la Constitution". En l'occurrence, la Constitution dispose, dans son article 66-1, que nul ne peut être condamné à la peine de mort. "Il n'y a pas de débat interdit", disait pourtant encore le 12 avril la candidate, qui est personnellement opposée à la peine de mort mais a toujours envisagé de questionner son rétablissement par référendum. Elle-même préfère la "perpétuité réelle".
Mais trois jours plus tard, la candidate RN rectifiait sur BFMTV son propos : "on ne peut pas, c’est anticonstitutionnel" et "j’y suis opposée".
Emmanuel Macron
Sur les retraites, Emmanuel Macron a fait une concession inattendue dès le lendemain du premier tour : en visite dans les Hauts-de-France, dans des villes plutôt lepénistes, il s'est dit prêt à "bouger" sur ce totem de son programme. Surprenant même son camp, le président candidat a indiqué que la réforme pourrait s'arrêter avant 2030, l'échéance annoncée jusqu'alors pour porter progressivement l'âge de départ à 65 ans, qui "n'est pas un dogme". Elle pourrait s'arrêter en 2027 et donc se limiter à un âge de départ à 64 ans, à charge pour son successeur de gérer la suite.
Avec cette évolution, il cherche à donner des gages aux électeurs des classes populaires, notamment ceux de Jean-Luc Mélenchon, dont il a besoin pour remporter le second tour.
Quelques jours plus tard, Emmanuel Macron lance un nouvel appel à la gauche avec un long plaidoyer en faveur de l'écologie à Marseille le 16 avril. "La politique que je mènerai dans les cinq ans à venir sera écologique ou ne sera pas", a-t-il lancé, en promettant d'aller "deux fois plus vite" pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pour cela, il promet de "planter 140 millions d'arbres" et de nommer un Premier ministre "directement chargé de la planification écologique", concept cher à Jean-Luc Mélenchon.
Orange avec Media Services, publié le mercredi 20 avril 2022 à 19h00
Si le président-candidat assure qu'il est prêt à faire des concessions sur la réforme des retraites et l'âge de départ et faire plus pour l'écologie afin de convaincre les électeurs de gauche, la candidate du Rassemblement national estime que l'interdiction du port du voile dans la rue "n'est plus la priorité". Retraites et écologie pour Emmanuel Macron, voile et peine de mort pour Marine Le Pen : les deux finalistes ... [Courte citation de 8% de l'article original]
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