Wimbledon va se jouer sans Russes, ni Biélorusses. Les organisateurs du plus ancien tournoi du Grand Chelem ont annoncé interdire aux joueuses et joueurs venant de ces deux pays de participer au prestigieux tournoi londonien, programmé du 27 juin au 10 juillet, en représailles de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, soutenue opérationnellement par la Biélorussie.
Depuis le 1er mars, outre l'annulation des tournois organisés à Moscou, les Russes et Biélorusses n'ont plus le droit de participer aux compétitions par équipes, comme la Coupe Davis ou la Billie Jean King Cup. Ils peuvent toutefois continuer à prendre part aux compétitions ATP et WTA, sous un drapeau neutre. Une indulgence vue d'un très mauvais œil. "Je pense qu'ils devraient également être interdits de jouer à titre individuel", a récemment affirmé Olga Savchuk, la capitaine ukrainienne de Billie Jean King Cup. "On ne peut pas se contenter d'une sanction contre 90% du peuple russe et 10% non."
Au vu de la décision du All England Club, plusieurs gros noms du circuit sont exclus. Bien qu'ayant pris position contre l'offensive russe en Ukraine, Andrey Rublev est privé de compétition, à l'instar de Daniil Medvedev, numéro 2 mondial, Karen Khachanov et Aslan Karatsev, tous deux dans le Top 30 ATP. Il en est de même pour le tableau féminin, qui se retrouve orphelin des Biélorusses, Victoria Azarenka, ex-numéro 1 mondiale, et Aryna Sabalenka, numéro 4 mondiale et demi-finaliste à Wimbledon l'an passé, et de cinq joueuses russes classées dans le Top 40 WTA.
Une telle mesure est "inacceptable", a fulminé Moscou, en réaction aux informations divulguées par la presse anglo-saxonne. "Une nouvelle fois, ils font des sportifs les otages de préjugés politiques, d'intrigues politiques et d'hostilités. (...) On ne peut que le regretter ici", s'est emporté le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. "Vu que la Russie est un pays très fort en tennis, nos athlètes figurant au sommet des classements mondiaux, leur exclusion aura un impact sur la compétition elle-même."
Comme évoquait The Times, s'il était envisagé que les Russes et Biélorusses signent une déclaration, où ils acceptaient de ne faire aucun commentaire favorable à Vladimir Poutine, ce compromis aurait été finalement rejeté par les organisateurs de Wimbledon. Ils auraient estimé que de telles déclarations pourrait avoir un impact négatif sur leurs familles et leurs proches.
Cette mesure d'exclusion devrait s'appliquer à tous les tournois britanniques sur gazon cet été. La Lawn Tennis Association (LTA), qui supervise les principaux tournois de préparation à Wimbledon, tels que le Queen's et Eastbourne, a fait savoir la semaine dernière qu'elle suivrait l'exemple du Grand Chelem londonien en la matière. Ce qui ne sera pas le cas de Roland-Garros (22 mai au 5 juin), où les Russes et Biélorusses, sous couvert de neutralité, seront les bienvenus.
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