Mort de Federico Martin Aramburu : le monde du rugby déplore un assassinat "d'idéologie d'extrême droite"

LCI - 19/04
[VIDÉO] - Un mois après le mort de Federico Martin Aramburu, abattu en plein Paris, le monde du rugby se mobilise. Plus de 300 personnalités de l'ovalie et du sport signent une tribune, parue dans L'Équipe, mardi 19 avril. Ils promettent, en sa mémoire, de "toujours lutter contre ceux qui veulent laisser entrer la haine dans notre pays".

Un mois après le mort de Federico Martin Aramburu, abattu en plein Paris, le monde du rugby se mobilise.

Plus de 300 personnalités de l'ovalie et du sport signent une tribune, parue dans L'Équipe, mardi 19 avril.

Ils promettent, en sa mémoire, de "toujours lutter contre ceux qui veulent laisser entrer la haine dans notre pays".

D'une seule voix pour dénoncer une agression mortelle "d'idéologie d'extrême droite". Le 19 mars dernier, l'ancien rugbyman argentin, Federico Martin Aramburu a été tué par balles après un différend dans un bar à Paris. Un mois après le meurtre du double champion de France, qui a endeuillé le monde du rugby, plus de 300 personnalités de l'ovalie (joueurs, anciens joueurs, dirigeants, journalistes) et du sport en général ont signé un texte poignant publié en pleine page, mardi 19 avril, dans les colonnes du journal L'Équipe. 

Une tribune en l'honneur de celui qui est "mort parce qu'il a défendu ses valeurs" et mise en ligne par le quotidien sportif, lundi 18 avril, "en accord avec la famille de Federico Martin Aramburu et le soutien de son cousin Raúl Alconada Sempé, secrétaire des Affaires Spéciales du ministère des Relations extérieures et du culte argentin". "Assassiné parce qu'il s'est opposé à des idées extrémistes et fascistes", dénoncent les signataires, parmi lesquels le meilleur joueur du monde, Antoine Dupont, le sélectionneur du XV de France, Fabien Galthié, et le président de la Fédération française de rugby (FFR), Bernard Laporte.

La mort de Federico n'est pas un fait divers

Les signataires de la tribune dans L'Équipe

"Non, la mort de Federico n'est pas un fait divers, une affaire de droit commun comme certains veulent le laisser entendre", ont-ils ajouté. "C'est l'expression 'd'un état de violence qui existe, que nous ne pouvons ignorer, que nous ne pouvons intégrer dans la vie quotidienne' (Emmanuel Mounier, philosophe français). 'Fede' avait en lui les valeurs du rugby, d'humanisme." Rappelant les valeurs d'intégrité, de passion et de respect, qui font l'ovalie, ils expliquent, en citant une chanson de Bob Dylan, que Federico Martin Aramburu et Shaun Hegarty, qui l'accompagnait ce jour-là, n'ont "pas tourné la tête en faisant semblant de n'avoir rien vu", lorsqu'ils ont entendu "des paroles contraires à leur pensée, leur éducation, leur philosophie de vie." 

Comme rapporté par le JDD, alors qu'ils étaient attablés, au petit matin, à la terrasse du Mabillon, une brasserie dans le VIe arrondissement de Paris, ils auraient été choqués par la manière dont leurs voisins de table, Loïk Le Priol et Romain Bouvier, s'adressaient à un SDF faisant la manche. Le ton serait monté et un différend verbal puis physique a éclaté entre les deux groupes. Peu après l'altercation, les deux sympathisants du syndicat d'ultra-droite du GUD (Groupe Union Défense) sont revenus près des lieux. Des coups de feu ont été tirés, causant la mort de l'ex-rugbyman, âgé de 42 ans et père de trois enfants. "Ceux qui ont assassiné Federico sont aux antipodes de ces valeurs, de nos valeurs", fustigent les plus de 300 personnalités.

Ça aurait pu être chacun(e) d'entre nous

Les signataires de la tribune dans L'Équipe

"On ne peut accepter qu'un des nôtres soit assassiné en 2022 au cœur de la capitale française, parce qu'il respectait et appliquait ces valeurs, auxquelles nous ajoutons en mémoire de Federico la générosité, la bienveillance, le combat pour une justice sociale et par-dessus tout l'amour de la famille et du partage amical", écrivent-ils encore, interpellant celles et ceux qui liront leur tribune sur le fait que "le 19 mars dernier, au petit matin, ça aurait pu être chacun(e) d'entre nous à la place de Fede...
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