Otan : à quoi sert son commandement intégré, que Marine Le Pen veut quitter ?

LCI - 14/04
[VIDÉO] - Marine Le Pen souhaite voir la France quitter le commandement intégré de l'Otan, contrairement à Emmanuel Macron. Cette instance fixe les stratégies et les fait appliquer dans les opérations sur le terrain. La France en est déjà sorti en 1966, avant de la réintégrer en 2009.

Marine Le Pen souhaite voir la France quitter le commandement intégré de l'Otan, contrairement à Emmanuel Macron.

Cette instance fixe les stratégies et les fait appliquer dans les opérations sur le terrain.

La France en est déjà sorti en 1966, avant de la réintégrer en 2009.

Pour une France qui continue à battre le pavillon de l'Otan, mais en dehors de son commandement intégré. C'est le souhait de Marine Le Pen qui, à la faveur du conflit en Ukraine, défend une mesure déjà présente durant sa campagne en 2017 et plus que jamais d'actualité. "On ne va pas le faire alors qu’il y a une guerre dans un pays européen", a tempéré celle qui, malgré tout, ne veut pas "placer nos forces armées sous un commandement qui ne relève pas de la souveraineté nationale française". 

Quitter le commander intégré de l'Organisation du Traité de l'Atlantique nord en conservant sa carte de membre ? Si le sujet s'invite dans l'entre-deux-tours de la campagne présidentielle, il n'en demeure pas moins un serpent de mer de la diplomatie tricolore. Depuis sa création en 1949, l'Otan et la participation à son commandement intégré est l'objet de débat : en 1966, le général de Gaulle avait annoncé la sortie de la France du commandement intégré. Rompant avec cet héritage, Nicolas Sarkozy a décidé de revenir sur cette décision en avril 2009, pour que "la France reprenne toute sa place dans l'Otan".

Un général français à la tête de l'un des deux commandements "suprêmes"

Concrètement, en étant membre du commandement intégré de l'Otan, la France est présente au sein des deux commandements "suprêmes" de l'Alliance atlantique. Tout d'abord le "Commandement allié de la Transformation". Inauguré au printemps 2003, l'Allied Command Transformation (ACT) visait à orchestrer la restructuration militaire d'une Alliance portée par la guerre froide puis plongée dans une crise de légitimité par la chute du Mur de Berlin. Il s'agissait d'adapter les structures militaires de l'Otan aux nouveaux défis de la sécurité du moment, symbolisés par les attentats du 11 septembre 2001. Dès 1995 cependant, l'engagement de l'Otan en Bosnie, suivi des opérations au Kosovo (1999) et en Afghanistan (2001) avaient conduit l'Otan à opérer sa mue. 

L'ACT est dirigé par un général français depuis 2009. Il s'agit actuellement du général Philippe Lavigne. Basé au quartier général de ce commandement stratégique à Norfolk (Virginie, côte est des Etats-Unis), ce dernier supervise notamment les campagnes d'exercices planifiées par l'Otan pour tester ses troupes, et leur capacité à intervenir ensemble sur différents types d'opérations.

Une autonomie préservée

L'autre commandement "suprême" de l'Otan, le Commandement allié opérations (Allied Command for Operations, ACO) est installé au Grand quartier général des puissances alliées en Europe (SHAPE), près de Mons (Belgique). Gigantesque machine, il a géré les engagements en Afghanistan, au Kosovo ou en Méditerranée. En retrouvant en 2009 le commandement intégré de l'Alliance lors du sommet de son 60ème anniversaire, à Strasbourg/Kehl, la France avait aussi obtenu le commandement de l'un des trois quartiers généraux de l'ACO, celui de Lisbonne.

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