À 11 jours du premier tour de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron était l'invité de l'émission "Votre France de demain" en clôture du JT de 20H de TF1 ce mercredi. Le président-candidat est revenu sur certains points de son programme et a vanté son bilan. Alors que depuis deux jours les deux finalistes multiplient les joutes verbales par médias interposés, il a très peu cité son adversaire du second tour, la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen.
Tout d'abord, le chef de l'État a été interrogé sur sa volonté manifeste ces derniers jours de séduire les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, et dans une moindre mesure de Yannick Jadot. "Mon souhait est aussi d'élargir le projet qui est le mien en regardant ce qui dans les projets de celles et ceux qui ont décidé de me soutenir est compatible et le rend plus fort", a-t-il déclaré au lendemain de concessions sur les retraites, appel du pied à l'électorat de gauche. Il estime qu'il peut "aller plus loin" sur des sujets comme l'écologie. "La planification écologique est quelque chose dont je peux me nourrir", a avoué celui qui souhaite aider les Français à acquérir des véhicules électriques grâce à un leasing de "moins de 100 euros par mois".
Il a confirmé qu'il associerait à son futur mandat "tous ceux qui adhérent" à son projet, au gouvernement comme au sein de son mouvement politique. Il compte également sur la société civile, estimant que les professeurs ou encore les médecins, en tant que relais locaux, étaient essentiels pour l'aider à mettre en œuvre son projet.
Mesure phrase de son programme, Emmanuel Macron s'est expliqué - une nouvelle fois - sur sa réforme des retraites, après avoir concédé lundi que l'âge légal de départ pourrait être abaissé de 65 à 64 ans. Pourquoi choisir de faire travailler les Français plus vieux, son adversaire proposant de conserver la retraite à 62 ans ? "Nous vivons de plus en plus vieux. Si nous voulons financer ces progrès sociaux soit on doit accepter de payer davantage les cotisations, ce qui n'est pas une bonne chose car ça enlève du pouvoir d'achat à tous les travailleurs ; soit vous baissez les pensions, ce que propose madame Le Pen sans le dire ; soit vous dites la vérité aux gens : il faudra travailler un peu plus, mais en le faisant intelligemment, en négociant", a expliqué le président de la République.
"Ce que je propose n'a jamais été de passer de 62 à 65 ans du jour au lendemain. (...) Je négocierai avec les partenaires sociaux dès l'été", puis le texte "passera devant les chambres". Emmanuel Macron a assuré vouloir garder un dispositif pour les carrières longues, la possibilité pour les invalides de partir à 55 ans, et promet de regarder la pénibilité sur le plan individuel. "On allongera l'âge légal de 4 mois par an", a-t-il poursuivi. Les 64 ans devraient être atteints en 2027/2028, "il faut une clause de revoyure à ce moment-là", a-t-il promis, n'excluant pas de s'arrêter là.
Il compte s'appuyer en partie sur cette mesure pour financer son programme, dont le coût est estimé à 50 milliards d'euros par an. Il estime également que baisser le chômage et parvenir au plein emploi dans les 5 prochaines années lui permettra d'économiser 35 milliards d'euros par an. Puis "je continuerai de baisser les impôts. Dans les 50 milliards que vous évoquez il y a 15 milliards de baisse d'impôts", a-t-il déclaré. Aussi, il veut "faire des économies sur l'État en continuant à numériser, à simplifier, à enlever de la bureaucratie".