L'élection présidentielle 2022 ne déroge pas à la règle des promesses de baisses d'impôts. Avant le premier tour, les douze prétendants à l'Élysée avaient déjà multiplié les propositions pour réduire la fiscalité des ménages et des entreprises. Marine Le Pen et Emmanuel Macron, les deux qualifiés pour le second tour, ne sont pas en reste. TF1info fait le point sur les programmes fiscaux des deux candidats.
Exit la fameuse redevance télévisuelle à 138 euros, quel que soit le vainqueur au soir du 24 avril. Marine Le Pen comme Emmanuel Macron souhaitent l'abolir s'ils sont élus.
Dans son projet, Emmanuel Macron prévoit de "supprimer la redevance télé", mais il ajoute qu'il "garantira l'indépendance de l'audiovisuel public", dont une partie des ressources vient précisément de la redevance. Une mesure que le candidat souhaite aussi symbolique que la suppression de la taxe d'habitation qu'il avait engagée en 2017.
Marine Le Pen souhaite aussi supprimer la redevance annuelle de 138 euros, mais en assumant les conséquences directes de sa mesure par la privatisation totale de l'audiovisuel public.
C'est l'une des mesures les plus souvent mises en avant par Marine Le Pen face au "mur de l'inflation qui arrive", une formule employée ce mercredi 13 avril par la candidate. Elle propose, dans son projet, de baisser la TVA "de 20 à 5,5% sur les produits énergétiques (carburants, fioul, gaz et électricité) en tant que biens de première nécessité". Face aux risques pesant sur les prix, la candidate vient également d'exhumer une mesure proposée lors du Grand débat national à l'issue de la crise des Gilets jaunes : appliquer une TVA à 0%, au lieu de 5,5%, sur un panier de 100 produits alimentaires et d'hygiène de première nécessité.
Une solution rejetée par Emmanuel Macron, pour qui une baisse de la TVA devra nécessairement être payée par quelqu'un à l'arrivée. Le président sortant préfère la prolongation du "bouclier tarifaire" mis en place depuis l'automne dernier sur l'énergie car, dit-il, la baisse de la TVA sera "moins efficace". En outre, il estime que baisser la TVA sur l'essence serait contraire aux objectifs environnementaux de la France.
Aucun des deux candidats ne s'engage sur une baisse globale de l'impôt sur le revenu. En revanche, Marine Le Pen promet d'exonérer d'impôt sur le revenu "tous les jeunes actifs jusqu'à 30 ans pour qu'ils restent en France et fondent leur famille chez nous".
Emmanuel Macron ne compte pas agir directement sur l'impôt sur le revenu. Comme en 2017, il opte plutôt pour de nouvelles mesures en faveur des salaires, comme le triplement de la prime annuelle défiscalisée pour les salariés. Toutefois, le président sortant permettra "aux couples vivant ensemble de réduire leurs impôts comme s'ils étaient mariés ou pacsés".
Emmanuel Macron promet, sans entrer dans les détails, de "réduire les impôts de production qui pèsent sur l'industrie et l'agriculture, notamment en supprimant la cotisation sur la valeur ajoutée (CVAE) pour toutes les entreprises". Il veut en outre baisser les charges pour les indépendants, s'engageant sur une augmentation de leurs revenus "de 550 euros par an quand on gagne l'équivalent du Smic".
Marine Le Pen, de son côté, souhaite supprimer l'impôt sur les sociétés pour les entrepreneurs de moins de 30 ans "pendant les cinq premières années pour éviter leur départ à l'étranger". Elle prévoit aussi de supprimer la cotisation foncière des entreprises (CFE), "qui pénalise les PME-TPE locales et les impôts de production qui nuisent à la relocalisation".