Ukraine : les gendarmes français envoyés sur place "ont des capacités assez rares"

LCI - 12/04
[VIDÉO] - Des gendarmes français sont arrivés en Ukraine lundi pour investiguer sur des crimes de guerre commis autour de Kiev. Le colonel Franck Marescal, directeur de l'Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale, revient sur cette mission.
L'essentiel

Des gendarmes français sont arrivés en Ukraine lundi pour investiguer sur des crimes de guerre commis autour de Kiev.

Le colonel Franck Marescal, directeur de l'Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale, revient sur cette mission.

Ils sont 18 au total à avoir quitté le sol français direction l'Ukraine. Arrivés lundi 11 avril à Lviv, dans l'ouest du pays, ces militaires, experts en identification et en scènes de crime, ont été appelés pour assister leurs homologues ukrainiens dans les investigations sur des crimes de guerre commis autour de Kiev, possiblement par l'armée russe.

Au lendemain de leur départ, le colonel Franck Marescal, directeur de l'Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN), détaille pour TF1info la mission de ces spécialistes. 

Quelles sont les spécialités des gendarmes partis lundi en Ukraine ? 

Pour le moment, et par rapport aux missions qui nous ont été annoncées et qui peuvent évoluer en fonction des circonstances, plusieurs types d'experts sont partis. Nous avons des généticiens avec le laboratoire ADN projetable. Ce laboratoire, que l'on amène au plus près des scènes de crime, se présente sous la forme d'un fourgon avec une tente à l'arrière. Avec lui, nous sommes capables de faire de très nombreuses analyses ADN en très peu de temps. Il est unique au monde. C'est un petit bijou pour nous. 

Nous avons aussi des médecins légistes et des balisticiens, qui travaillent souvent en couple pour les recherches des causes de la mort. Outre le laboratoire mobile destiné aux analyses ADN, l'équipe est partie avec sept véhicules, dont un camion transportant douze chambres mortuaires à froid pour conserver les corps autopsié. Nous avons des experts de gestion de scènes de crime, et en particulier pour la fixation des lieux via leur modélisation en trois dimensions. Nous avons également des experts en explosifs et d'analyses avec du matériel transportable. Puis nous avons un chef de détachement, un responsable de l'identification des victimes de catastrophe. Toute cette équipe, composée d'hommes et de femmes, est à l'œuvre ce matin. 

"Nous avons été au Liban il y a deux ans et nous avons montré ce que nous savions faire"

Pour combien de temps est partie cette première équipe ? 

La mission a une durée indéterminée. Mais cette première équipe va rester au moins quelques semaines. Il y aura sans doute une relève ensuite. 

Certains gendarmes, pouvaient-ils, s'ils le souhaitaient, refuser la mission, de peur de ne pas tenir sur le plan psychologique ? 

On a posé la question : "Si vous n'êtes pas volontaires, dites-le". Mais j'avais suffisamment de volontaires pour partir. 

La venue de gendarmes français vient-elle pallier un manque d'effectif sur place ou y a-t-il vraiment un savoir-faire à la française ?

Je pense qu'il y a un savoir-faire à la française. Nous avons des capacités qui sont assez rares. Et nous sommes aussi un peu connus. Nous avons été au Liban il y a deux ans et nous avons montré ce que nous savions faire. En Europe, il y a un laboratoire des criminalistiques qui travaillent souvent ensemble. En Ukraine, il y a un de ces laboratoires et ils nous connaissent, ils savent que nous avons des capacités sur le "haut du spectre" et surtout que l'on peut emmener au plus près de la scène de crime tout un tas de matériel, notamment pour l'analyse en explosifs ou l'analyse chimique. Nous avons aussi des médecins légistes, il n'y en a pas partout. Quand on est parti sur Calais pour les 27 naufragés, nous avons mis deux jours pour traiter tous les corps. C'est rapide, parce qu'on envoie du monde et parce que nous avons des équipes qui savent travailler ensemble. 

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