« Faut rien lâcher ! » Jusqu'au dernier moment, il aura jeté toutes ses forces dans la bataille. Jeudi 7 avril, Yannick Jadot s'époumone lors d'un dernier meeting à Nantes, tentant, une dernière fois, de convaincre qu'il peut être le prochain président de la République. Chez les écologistes, plus personne pourtant ne fait mine d'y croire. Le candidat n'est crédité que de 5 % des intentions de vote dans les sondages au dernier jour de la campagne officielle, la pente semble impossible à remonter. Le seuil, aussi symbolique que vital, n'est même pas atteint : avec 4,6 % des voix, le candidat Vert termine sixième, loin, très loin derrière Jean-Luc Mélenchon (22 %).
Cette campagne, on la décrivait pourtant comme un boulevard pour Yannick Jadot. La lutte contre le réchauffement climatique est dans toutes les têtes, alors que l'urgence à agir se fait plus pressante que jamais. C'est d'ailleurs la troisième priorité des Français. Et, ces dernières années, les écologistes ont multiplié les démonstrations de force, déjouant les pronostics aux européennes – 13,5 % des voix – et remportant plusieurs grandes villes, dont Lyon, Strasbourg, Bordeaux ou Poitiers. Au lendemain de la défaite, cuisante, les Verts s'interrogent : qu'est-ce qui a bien pu faire dérailler à ce point la campagne ?
C'était pourtant bien parti : dès septembre, les partis écologistes – EELV, Génération.s et Génération écologie – se rassemblent dans une primaire pour désigner leur candidat à la présidentielle. Le processus se passe sans encombre et bénéficie d'une belle exposition médiatique. Yannick Jadot, 54 ans, sort vainqueur du second tour, battant d'un cheveu (51 %) l'autre finaliste, Sandrine Rousseau, qui tarde à accepter la défaite, mais finit par rentrer dans le rang et se voit confier la tête du conseil politique du candidat. Les sondages le donnent à 10 %, autant que Jean-Luc Mélenchon.
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Le député européen attend ça depuis cinq ans, lui qui s'était retiré en 2017 au profit du socialiste Benoît Hamon. Il a beaucoup travaillé et il est prêt. Après la primaire, son équipe de campagne se veut rassembleuse, ses porte-parole ménageant toutes les sensibilités : Marine Tondelier, directrice de campagne d'Éric Piolle à la primaire, Mélissa Camara, porte-parole de Sandrine Rousseau, Benjamin Lucas, coordinateur de Génération.s, Hubert Julien-Laferrière, député transfuge de LREM, comme Matthieu Orphelin, débarqué pendant l'affaire Hulot et remplacé par Delphine Batho, présidente de Génération écologie et ancienne adversaire à la primaire.
Mais plus les semaines passe...
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