À chaque élection présidentielle, c'est le moment le plus attendu. Le dimanche du vote, à 20h précises, les deux visages des candidats qualifiés pour le second tour s'affichent en direct sur TF1.
Pourtant, à 20h, certains bureaux de votes viennent juste de fermer et d'autres sont encore en plein dépouillement. Alors comment peut-on déjà connaître les deux finalistes vainqueurs à cet instant ? Nous avons posé la question à l'Ifop, partenaire de TF1 et LCI sur cette élection.
Pour réaliser cette estimation, il y a en fait trois étapes. La première a commencé dès le mois de janvier dernier. C'est Sylvain Manternach, géographe et consultant électoral pour l'Ifop, qui est à la manœuvre. Il doit déterminer quels seront les bureaux de vote "tests" qui serviront de panel pour l'ensemble de la France. Car c'est bien là tout l'enjeu : il est impossible de faire remonter rapidement les données de tous les 70 000 bureaux de vote actifs dans tout le pays le jour de l'élection. Il faut donc miniaturiser l'échantillon, en sélectionnant 260 bureaux "tests".
"Par exemple, en Loire-Atlantique, je sélectionne évidemment des bureaux de vote à Nantes et dans sa banlieue proche, pour être représentatif de ce territoire urbain. Mais je prends le soin également d'aller chercher des bureaux de vote dans des communes plus éloignées, dans le rural de ce département. Et c'est un processus que je fais dans chacun des départements français", explique Sylvain Manternach.
Une fois ces bureaux identifiés, l'Ifop envoie un enquêteur dans chacun d'entre eux le soir du vote. C'est la deuxième étape. Dès 19h, le dépouillement commence dans ces bureaux, sous le regard attentif de cet enquêteur.
Thomas Duhard - directeur de production Ifop : "Tous les 100 bulletins dépouillés, le président du bureau de vote va donner le résultat et c'est ce point qui est très important pour nous parce qu'on n'est pas obligé d'attendre la fin du dépouillement, qui peut prendre de très longues minutes, voire plusieurs heures parfois pour obtenir des premiers résultats. Techniquement, les enquêteurs de l'Ifop vont donc remonter petit à petit, via une tablette tactile, Les résultats de tous les bulletins dépouillés, à partir de 19 heures et jusqu'à 19 heures 45 à peu près. À Paris, nous allons ainsi recevoir un flux de données venant de ces 260 bureaux."
Troisième et dernière étape : le calcul de l'estimation. Pour cela, les résultats envoyés par ces bureaux "tests" sont entrés dans un logiciel ultra secret que l'IFOP peaufine depuis des années. Chaque institut possède ses propres recettes, programmées dans son algorithme pour pondérer au plus juste les résultats bruts envoyés du terrain. Démographie, résultats aux précédentes élections, de nombreux facteurs sont pris en compte pour affiner au mieux l'estimation qui sortira de la machine.
François Kraus, directeur du pôle politique de l'iFOP : "Nous sommes confiants dans le résultat obtenu, car on ne traite pas des déclarations. Ce n'est pas du sondage dans lequel il peut y avoir un biais. On est vraiment sur des résultats réels, et à partir de là, on a un niveau de fiabilité assez exceptionnel.".
Entre 19h45 et 20h, les résultats sont alors relus, vérifiés, puis ...
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