POLITIQUE - On en finit par se demander si les courbes ne vont pas se croiser avant le premier tour de la présidentielle, voir le jour de l’élection. À trois jours du scrutin, l’écart entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron n’a en tout cas jamais été aussi faible. Dans notre compilateur de sondages dont les chiffres sont arrêtés au 6 avril, la leader d’extrême droite pointe en effet à moins de quatre points du président-candidat. C’est trois fois moins qu’il y a trois semaines.
Car depuis la mi-mars, les deux rivaux connaissent des dynamiques inverses. Après avoir tutoyé les 30% en moyenne, le chef de l’État a perdu plus de trois points (à cause de la polémique McKinsey, de la fin de l’effet drapeau et d’un programme mal expliqué) pour être en ce jeudi 7 avril à 26,5%. Cela reste supérieur à ses 24% de 2017, mais la tendance n’est pas bonne pour celui qui n’a jamais quitté la première place des intentions de vote.
C’est donc tout le contraire pour la cheffe de file du Rassemblement national. À 22,8% en moyenne, la députée RN du Pas-de-Calais n’en finit plus d’augmenter; elle a gagné presque 6 points depuis mars et pointe désormais au-dessus de ses 21,4% d’il y a 5 ans.
Derrière le duo, la dynamique est positive pour Jean-Luc Mélenchon. Dans la dernière ligne droite de la campagne, le candidat de l’Union populaire atteint lui aussi son meilleur score (16,3% en moyenne). Mais le député insoumis des Bouches-du-Rhône reste à 6,5 points de la qualification au second tour. Est-ce pour autant perdu pour lui? Ce n’est que dimanche à 20 heures qu’on le saura.
Éric Zemmour aussi veut croire que ce n’est pas perdu pour lui. Mais l’espoir est presque nul pour le candidat d’extrême droite qui est désormais installé sous la barre des 10%. Avec 9,7% en moyenne, l’ancien journaliste est largement distancé. Même constat pour Valérie Pécresse qui pointe à 8,6%, un score qui est bien inférieur à celui qui était le sien avant sa victoire au congrès des Républicains.
Pour les sept autres candidats, les fluctuations sont minimes au cours des derniers jours, Yannick Jadot menant toujours le bal des plus “petits candidats”. L’eurodéputé reste cependant, avec 5,2%, dans les eaux du record d’un écologiste à la présidentielle (Noël Mamère, 5,3% en 2002). Avec 3,1%, le communiste Fabien Roussel est dans une tendance à la baisse, au contraire de Jean Lassalle qui, avec 2,8%, est devant Nicolas Dupont-Aignan (2%) et Anne Hidalgo (1,9%).
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