Il s'engage dans sa troisième bataille électorale, "probablement" sa dernière. Le candidat de Debout la France (DLF) Nicolas Dupont-Aignan, qui se revendique "héritier" du gaullisme, s'est détaché de l'UMP par le passé pour créer son propre parti, porté sur la défense de la souveraineté française. "Petit candidat" de la droite, il a rallié Marine Le Pen en 2017, mais en cas de scénario similaire cette année, il ne s'est pas encore prononcé. Avec un programme centré sur une indépendance de l'Hexagone à l'international, il veut également renforcer les pouvoirs des citoyens. Il tente en outre de convaincre les milieux anti-vaccins, ayant lui-même refusé de se faire vacciner contre le Covid-19.
Né en 1961 à Paris, Nicolas Dupont-Aignan a d'abord été conseiller technique dans plusieurs ministères sous François Mitterrand, avant de devenir maire RPR de Yerres, dans l'Essonne. En 1997, il est élu pour la première fois député du département, ce qu'il est toujours aujourd'hui. Il rejoint l'UMP en 2002, qu'il quitte cinq ans plus tard. Son mouvement Debout la République, lancé en 1999 pour être un courant du RPR puis de l'UMP, devient un parti à part entière en 2008, renommé en 2014 Debout la France.
Il se présente pour la première fois à la présidentielle en 2012 et rassemble 1,79% des suffrages au premier tour. En 2017, il récolte cette fois 4,7% des voix, mais reste encore sous la barre des 5%. Nicolas Dupont-Aignan se rallie alors à la finaliste Marine Le Pen. Le président de DLF présente ensuite une liste aux élections européennes de 2019, mais échoue à entrer au Parlement européen.
Sans jamais prononcer le mot de "Frexit", le candidat souverainiste souhaite tout de même sortir de l'Union européenne par un référendum. Estimant que la France est "soumise" aux États-Unis, il aspire aussi à sortir du commandement intégré de l'OTAN. Sur le volet intérieur, il souhaite supprimer le pass vaccinal et réintégrer les soignants suspendus, car non-vaccinés. Rallié mi-mars par Florian Philippot, figure des manifestations anti-pass sanitaire et ancien bras droit de Marine Le Pen, il a affirmé publiquement à plusieurs reprises ne pas avoir été vacciné contre le Covid-19.
Dans l'idée de "rendre le pouvoir au peuple français", Nicolas Dupont-Aignan souhaite par ailleurs créer un référendum d'initiative citoyenne (RIC), sur le modèle suisse, dès lors qu'un projet est soutenu par 500.000 citoyens. Un outil déployé en vue de réformer la Constitution sur plusieurs sujets, comme l'immigration : le président de DLF propose, entre autres, la suppression du droit du sol. Il souhaite par ailleurs relocaliser un million d'emplois en France.
Alors qu'il affiche ses meilleurs scores dans les très petites communes rurales, Nicolas Dupont-Aignan met à l'honneur la France des terroirs sur son affiche, en choisissant un paysage de campagne, avec un village et son clocher en arrière-plan, devant un soleil levant, signe de renouveau. Le candidat souverainiste joue la carte de la tradition française, mais aussi de l'autonomie du peuple, en arborant en slogan "Choisir la liberté". Le nom de son parti, lui, est gommé. Même son site de campagne ne présente que ses initiales.
"Petit candidat", Nicolas Dupont-Aignan grimpe aux alentours de 2% dans nos sondages. Plus qu'une victoire, il cherche surtout à donner de la visibilité à ses idées, pour défendre "des convictions qui je crois ne sont pas assez représentées dans mon pays",...
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