«The Wire», vingt ans après: les visages de la police de Baltimore

François Henry - Slate FR - 05/04
David Simon revient à Baltimore avec «We Own This City», mini-série coécrite avec George Pelecanos, qui relate une affaire de corruption à grande échelle au sein de la police locale. L'occasion d'un retour sur l'œuvre qui l'a révélé.

We Own This City, une mini-série de six épisodes produite par HBO, sera diffusée sur OCS à partir du 26 avril. «We», ce sont les policiers, et la ville dont il est question, c'est Baltimore. Ainsi, vingt ans après le lancement de la première saison de The Wire, David Simon reprend son portrait de la métropole nord-américaine où, avant de se consacrer à la télévision, il a vécu et travaillé comme journaliste.

Pour écrire et produire The Wire, l'ancien reporter du Baltimore Sun était associé à Ed Burns, un ancien de la police criminelle de la ville. We Own This City a été coécrite avec le romancier George Pelecanos, qui avait également prêté sa plume pour The Wire. La sortie de la nouvelle production nous donne l'occasion de revenir sur la vision de la police dans l'œuvre qui a fait connaître David Simon.

Après un succès très confidentiel au début des années 2000, The Wire (Sur Écoute en français) s'est progressivement imposée comme une référence de la fiction télévisuelle. Elle combine l'ambition narrative caractéristique des grandes séries feuilletonnantes de HBO (Les Soprano, Game of Thrones), un réalisme qui lui a valu d'être comparée aux grands romans européens du XIXe siècle, ainsi que la pertinence sociologique qui en a fait un objet d'étude universitaire.

Millefeuille

À travers ses multiples personnages issus des différents milieux qui façonnent la ville (la rue et ses gangs, la police et la justice, puis les dockers, la classe politique, l'école et enfin la presse), The Wire présente un état des lieux édifiant de Baltimore au début de ce siècle. En septembre dernier, la mort brutale de l'acteur Michael K. Williams, inoubliable dans le rôle d'Omar, le charismatique braqueur de gangs, nous rappelait la force de ces portraits de truands magnifiques et tragiques; ceux d'en haut, comme Stringer Bell (Idris Elba), et ceux d'en bas, comme Bodie (J.D. Williams)....
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