De jour en jour, l'écart entre le président sortant et sa concurrente d'extrême-droite se resserre dans les sondages. Selon la dernière enquête d'opinion de l'Ifop pour LCI, du 4 avril, Marine Le Pen grimpe à 22% d'intentions de vote au premier tour, contre 27,5% pour Emmanuel Macron. En cas de duel au deuxième tour, l'hypothèse la plus probable à ce stade selon les sondages, l'actuel chef de l'État arracherait sa réélection avec une très courte marge : 53% des suffrages contre 47% pour la candidate du RN. Un score historique au second tour pour un candidat d'extrême-droite dans les sondages.
Les deux adversaires s'étaient déjà retrouvés en face-à-face lors du précédent scrutin présidentiel, en 2017. Lors du premier tour, le 23 avril, Emmanuel Macron avait pris la tête du classement avec 24% des votes, suivi de Marine Le Pen avec 21% des voix. Au second tour, le 7 mai, le candidat d'En Marche l'avait emporté avec un score de 66% des suffrages. Mais que prédisaient les sondages à la même époque ?
Les dernières enquêtes d'opinion avaient crédité la prétendante à l'Élysée de légèrement plus de voix que le résultat final des urnes. Juste avant le premier tour, Marine Le Pen était donnée à 22,5% des voix par le dernier sondage rolling de l'Ifop deux jours avant le scrutin, le 21 avril. Dans les autres enquêtes d'opinion, elle montait tout au plus à 23% pour celles d'Odoxa et de BVA. Soit en moyenne 1,5 à 2 points au-dessus de son score effectif au moment du vote.
Quant au second tour, les derniers sondages publiés l'avant-veille du premier scrutin donnaient la candidate du RN perdante avec un score au plus haut de 39,5% pour l'Ifop, et au plus bas de 34% dans l'enquête d'Harris Interactive. Juste avant le duel entre les deux finalistes, au terme de la campagne de l'entre-deux-tours, les sondages avaient en général revu le score de Marine Le Pen à la hausse, puisqu'elle remportait cette fois 37% des suffrages selon l'Ifop et l'Ipsos, et 38% pour Harris Interactive. En moyenne, ces prédictions ont dépassé de 3 à 4 points le résultat final de la députée du Pas-de-Calais, atteignant 34%.
Ces intentions de vote étaient remontées entre les deux-tours, puis avaient chuté. "L'écart le plus serré qu'on n'ait jamais connu, c'était 60% contre 40% à la faveur du candidat d'En Marche, dans un sondage à la veille du débat de l'entre-deux tours, funeste pour Marine Le Pen", expliquait à TF1info la semaine passée Frédéric Dabi, directeur général Opinion de l'Ifop. Ce débat, tenu le 3 mai 2017, avait été "raté" par la candidate du RN de son propre aveu, et l'avait fait chuter dans les sondages, qui restaient toutefois légèrement surestimés par rapport au score final décroché par Marine Le Pen.
Le sondeur appelait par ailleurs à la "prudence absolue" dans ces prédictions, qui sont un aperçu des intentions de vote à un moment donné, mais restent des scénarios hypothétiques. Les enquêtes d'opinion signalent qu'il existe une "marge d'erreur" dans les scores qu'ils avancent, qui varie en général de 1 à 3 points. Selon l'Ifop, cette marge dépend de la taille de l'échantillon de sondés : plus l'échantillon est grand, plus la marge d'incertitude se réduit. Par ailleurs, plus ...
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