L'annonce a été faite mardi soir sur les réseaux sociaux. Dimanche 3 mars, une grande manifestation est organisée à Ajaccio, en Corse-du-Sud, à l'initiative d'un collectif nationaliste. Ce dernier, composé de partis politiques et syndicats nationalistes, a été formé après l'agression mortelle d'Yvan Colonna, qui purgeait une peine de prison à perpétuité pour son implication dans l'assassinat du préfet Claude Erignac, en février 1998 à Ajaccio.
"Le collectif, suite à l’appel de la famille Colonna, a décidé, ce soir, (mardi, ndlr) d’organiser une grande manifestation à Aiacciu, ce dimanche 3 avril à 14 heures. Le départ se fera de I Salini pour rejoindre le palais Lantivy (bâtiment qui abrite la préfecture au département de la Corse-du-Sud, ndlr). Nous appelons l’ensemble du peuple Corse à se joindre à nos côtés pour rappeler à l’État nos trois revendications : Ghjustizia è vérità per (Justice et vérité pour, ndlr) Yvan Colonna, Libertà per tutti i patriotti (Liberté pour tous les patriotes, ndlr), Ricunniscenza di u populu corsu (Reconnaissance du peuple corse, ndlr).
Ce communiqué a été partagé par le Parti de la nation corse (PNC, autonomiste d'opposition), par Core in Fronte (indépendantiste), Corsica Libera (indépendantiste) et deux syndicats étudiants nationalistes (Cunsulta di a Gjuventù Corsa et ghjuventu indipendentista).
Sur Twitter, le frère d'Yvan Colonna a, lui aussi, appelé les Corses à participer à l'événement "face à cette France meurtrière et en mémoire du patriote qu'était Yvan, nous serons tous ensemble dimanche pour la manifestation à Ajaccio", a posté mardi, en langue corse, Stéphane Colonna.
Contacté par TF1info par le biais de son avocat Me Spinosi, Stéphane Colonna a indiqué qu'il ne souhaitait pas s'exprimer dans les médias pour le moment.
La préfecture de Corse-du-Sud, informée de cette manifestation en début de semaine, ne souhaite pas donner d'information sur le dispositif de sécurité qui sera mis en place pour l'occasion. "L'ambiance est tendue, c'est un secret pour personne. Entre l'agression d'Yvan Colonna en prison suivi de sa mort, les violences de début mars, la vidéo des CRS chantant la Marseillaise pendant l'enterrement, c'est chaud, c'est sûr. Après, on espère que ce sera calme", indique une source policière à notre rédaction.
Lors de sa visite en Corse les 16, 17 et 18 mars, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, s'était engagé, à ouvrir "dès la première semaine du mois d'avril" un processus de négociations sur "l’ensemble des problématiques corses, sans exclusive", dont "l'évolution institutionnelle vers un statut d’autonomie qui reste à préciser".
Cependant, dans un document co-signé par M. Darmanin et M. Simeoni, Président du Conseil exécutif de Corse, ils sont convenus "que la mise en œuvre de ce processus historique ne" pouvait "s’envisager que dans un cadre général apaisé et calme".
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