L'entrée en campagne d'Emmanuel Macron a entraîné le retour dans le débat public de la question des retraites. Le président de la République entend en effet profiter d'un second mandat pour mener à bien la réforme qu'il a échoué à mettre en œuvre durant l'actuel quinquennat. Sur le plateau de TF1, dimanche 27 mars au soir, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a défendu ce projet, qu'il juge nécessaire pour tenir compte des évolutions démographiques connues par la France lors des dernières décennies.
Face à Jordan Bardella, il a indiqué qu'il "y a 50 ans, il y avait quatre personnes qui travaillaient pour une personne à la retraite". Par la suite, "il y a 20 ans, il n'y avait plus que deux personnes qui travaillaient pour une personne à la retraite". Et selon Gabriel Attal, "dans quelques années, il n'y aura plus qu'une personne qui travaille pour financer une retraite".
Dans son propos, le porte-parole du gouvernement fait référence au nombre de personnes qui contribuent par leur travail au financement du nombre global de bénéficiaires d'une pension de retraites. Un indicateur généralement qualifié de "ratio cotisants/retraités", et qui s'approcherait donc désormais, selon le membre du gouvernement, de l'équilibre, avec autant de cotisants que de retraités.
Pour obtenir des données sur ce sujet, il est possible de se tourner vers la Cnav, la Caisse nationale d'assurance vieillesse, ou bien encore vers le COR, le Conseil d'orientation des retraites. Ce dernier est à privilégier, puisqu'il s'intéresse à la situation de l'ensemble de salariés, quand la Cnav n'inclut pas les fonctionnaires, les exploitants agricoles ou les professions libérales. En 2019, selon les derniers rapports du COR, le ratio cotisants/retraités était de 1,7 pour 1. C'est-à-dire que la retraite d'un Français est en moyenne financée par le travail d'1,7 salarié.
Ce ratio va-t-il diminuer dans les années à venir, jusqu'à atteindre un pour un ? Sur ce point, Gabriel Attal tire des conclusions trompeuses. Le COR présente en effet un graphique qui montre les évolutions attendues durant les 50 prochaines années, et il se trouve que, même en 2070, le nombre de cotisants pour un retraité ne descendra pas en dessous de 1,3. Le porte-parole du gouvernement a toutefois raison de noter qu'il y a 20 ans, en 2002, le ratio était de 2 cotisants pour un retraité.
Quant à la situation "il y a 50 ans", impossible malheureusement de se fier aux données du COR. Ce dernier, sollicité par TF1info, concède ne pas disposer de tels éléments d'archives. Des chiffres compilés par la Cnav permettent néanmoins de se faire une idée de la situation cinq décennies en arrière. Bien que ne portant pas sur l'ensemble des travailleurs, ils tendent à accréditer les propos de Gabriel Attal. Le projet de loi de finances de la sécurité sociale de 2013 mettait en avant le fait qu'au "début des années 1960, ce ratio [entre cotisants et retraités, ndlr] était supérieur à 4 : il atteint un point haut en 1965, année où l’on dénombre 4,29 actifs pour un retraité. Depuis, la dépendance des populations de retraités aux actifs cotisants a augmenté continument jusqu’en 1997, passant de 3,80 à 1,54 entre 1970 et 1997." Au début des années 1970, soit il y a environ 50 ans, nous étions ainsi à environ 3,8, as...
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